Biographie 
Né sur l’île d’Anjouan en 1987, Ali Zamir est chercheur et écrivain qui n’hésite pas à défier les interdits bravant les frontières, mêlant les genres et les styles.
Après avoir grandi aux Comores, il va faire des études à l’Université du Caire. Titulaire d’un Master en Lettres Modernes, il écrit d’abord des articles et des nouvelles dont Mangeuse de rat, ouvrage couronné par le Grand Prix de la Faculté de Lettres de l’Université du Caire en 2008.
Son œuvre est particulièrement captivante. Son premier roman Anguille sous roche (2016), qui traite des drames contemporains liés à la migration, a remporté plusieurs prix dont le Prix Senghor, la Mention spéciale du Prix Wepler et le Prix le Prix Mandela de littérature 2017. Dans Mon étincelle (2017), un roman qui brosse un tableau vivant de la société comorienne, Ali Zamir aborde parfois avec humour la corruption et la discrimination professionnelle, tout en explorant des thèmes d'amour et de désillusion. En 2019, parait Dérangé que je suis, raconte les mésaventures d’un docker misérable au port de Mutsamudu, qui lutte pour survivre en transportant des bagages sur son chariot usé. Dans ce récit tragique et comique à la fois, son héros nous fait rire malgré sa situation difficile. Avec Jouissance (2022), Ali Zamir va plus loin dans l’audace. C’est un livre qui en est le narrateur. Personnage principal de son roman, il nous dévoile tous les secrets intimes de ses lecteurs !
Morceaux choisis
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Novembre 2025)
Aujourd’hui, la vie moderne trépidante et la montée des médias sociaux laissent souvent peu de temps à la lecture. Ali Zamir nous fait prendre conscience de cette réalité avec son roman Jouissance qui raconte avec humour et une pointe d’ironie le destin tragique d’un livre qui passe d’une poubelle à une autre, en train de « délabyrinther » ses propres mystères !
« je suis passé d’une main à une autre, amoché et sale, avili, presque toujours sans compassion, maltraité par des lecteurs piteux, comme si j’étais une coureuse de remparts, moi, livre abandonné, clochard perdu, comme un vaurien renié partout et par tout le monde (.) »
En écrivant une partie de son ouvrage sans point un peu à la manière un peu troublante d’Alain Mabanckou, il nous laisse en haleine, nous invitant à lire sans nous arrêter. Un nouveau genre littéraire, agréable et intéressant à explorer… Est-ce sa façon de nous faire (re)découvrir l’acte-même de lire au fil des rencontres avec des personnages-lecteurs insolites dans le « dédale de leurs errances » ? La « veine expressive » du narrateur nous captive à chaque page.
« Plume (.) est une lectrice d’une autre trempe, une buveuse d’encre coriace, (.) rien ne l’arrête dès l’instant où elle s’immerge dans mes mots amers, ses yeux ont une manière insolente de plonger en moi sans s’y perdre (.) »
Pour elle, décrite comme une véritable passionnée de lecture « Le livre est le seul compagnon de voyage qui ne lâche pas une main », contrairement aux autres personnages du roman. Un sujet à débats…
Sources
Ali Zamir, Jouissance, © Éditions Le Tripode, 2022, 234 p.