Biographie 
Originaire de Djibouti, Chehem Watta, écrivain et poète très engagé, est né en 1962. Après ses études en France, il revient en 1985 dans son pays natal où il occupe divers postes administratifs avant de s’engager dans la lutte contre le sida au PNUD. Sa poésie, inspirée de l’oralité des pasteurs nomades, célèbre la terre, la vie nomade et les défis de son peuple face à la modernité.
Docteur en psychologie et haut fonctionnaire, il aura des activités professionnelles très variées mais sa véritable essence résidera dans son héritage nomade, façonné par son enfance entourée de chameaux et de transhumances. Son premier recueil, Pèlerin d’errance (1997) révèle son identité poétique, alliant la langue française à ses racines pastorales.
L’écrivain crée un lien profond entre son intérieur et l’extérieur, exprimant des émotions liées à ses ancêtres. Selon lui, l’homme aurait en lui toutes les ressources nécessaires pour se construire et s’épanouir. Sa poésie, riche en métaphores, évoque les paysages désertiques et les expériences nomades, utilisant l’écriture de l’oralité pour transmettre les silences et les sentiments du désert. Surnommé le « poète de la Corne de l’Afrique », reconnu pour son style engagé, il établit un véritable dialogue entre culture et modernité à travers son art.
L’ensemble de son œuvre poétique est récompensé par le Prix Robert Ganzo 2024. Dans Rimbaud l’Africain, diseur de silence (2012), ode d’amour au poète aux semelles de vent et à la Corne d’Afrique, Chehem Watta lance un appel pour faire silence. Cette introspection permet d’être plus profondément à son entourage en vue de la construction d’un monde meilleur. Parmi ses œuvres les plus connues, on peut citer Amours nomades (2008) et Les Corps sales, suivi de Vendus comme pièces détachées de l’humanité (2022).