Biographie 
Né à Haïfa en Palestine en 1947, Elias Sanbar s’installe au Liban avec sa famille à l’âge de quinze mois après la création de l’État d’Israël. Après des études à Paris, il devient enseignant en droit international à l’université Paris VII, puis au Liban et à Princeton.
En 1981, il cofonde à Paris la Revue d’études palestiniennes, dont il devient le rédacteur en chef jusqu’à sa cessation en 2008. Elias Sanbar participe aux négociations bilatérales à Washington et dirige la délégation palestinienne sur les réfugiés de 1993 à 1996.
Journaliste, traducteur et écrivain engagé militant pour la paix, il a publié plusieurs ouvrages et traduit l’œuvre de Mahmoud Darwich en français. En 2001, il publie Le Bien des absents, qui aborde la spoliation des propriétés palestiniennes par Israël. Actuellement, il est ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco.
Morceaux choisis
- Le bien des absents, 2001
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (HJ - Juin 2025)
Publié en 2001 et réédité en 2024, l’ouvrage ne peut laisser indifférent. D’abord par son auteur et les fonctions qu’il a remplies, notamment comme ancien ambassadeur de la Palestine auprès de l’UNESCO et comme compagnon de la plupart des luttes des Palestiniens. Originaire d’Haïfa dont l’auteur aurait pu intituler « Une mémoire palestinienne » tant il abonde en petits récits du calvaire vécu depuis 1948 par les Palestiniens, non seulement oubliés mais souvent combattus et massacrés par leurs propres voisins arabes et bien entendu par Israël.
Le Bien des absents, c’est d’abord la terre de Palestine qui a été arrachée à son peuple et qui n'a cessé d’être martyrisée, y compris et pire encore, depuis 2001 que le livre a été écrit.
« Genet fut témoin de la chute de Beyrouth et de l’entrée des conquérants dans ce qui avait été le principal bastion de la Résistance des Palestiniens. Il fut également, son allure de vieillard débonnaire écartant de lui les soupçons, l’une des premières personnes à pénétrer dans les camps de Sabra et de Chatila, l’un des premiers témoins du carnage dont les réfugiés avaient été victimes.
Quatre heures à Chatila naîtra de cette expérience. Ode funèbre aux résonances d’épopée antique, le témoignage de Genet partait des cadavres entassés dans les étroites ruelles pour remonter le temps… »
J’ai voulu qu’il reste un témoignage de cette douloureuse période et du droit imprescriptible des Palestiniens à recouvrer les morceaux de leur patrie. Au fil des pages, on voit cependant apparaitre quelques Israéliens qui sympathisent avec la cause palestinienne et font espérer qu’un jour, avec ou sans deux États, une communauté d’intérêts et de vision pourra se former, capable de clore le cercle infernal des conflits dont l’un des premiers remonte au siège de Gaza par Alexandre le Grand. Il est vraiment temps d’arrêter ce cycle et d’inventer une cohabitation enfin pacifique entre les riverains du Jourdain, ce fleuve qui est plus teinté de sang que d’eau...
Sources
Elias Sanbar, Le bien des absents, © Actes Sud, coll. Babel, 2001, p. 139 p.