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François Cheng

Biographie Franc ois cheng

Né en 1929 à Nanchang dans la province de Jiangxi à environ 1500 kilomètres au sud de Pékin, François Cheng fait des études à Chongqing et à l’Université de Nankin avant de venir à Paris en 1948. Il aura l’occasion d’y étudier la langue et la littérature françaises tout en faisant découvrir la culture chinoise au travers d’une œuvre riche et variée. Professeur à l’Institut national de langues et civilisations orientales, il publie des traductions, des essais, de la poésie et des romans.

 En 1988, parait son premier recueil de poèmes, Erre, et en 1998, son premier roman Le Dit de Tianyi. Ce dernier, qui met en lumière le parcours d’un artiste à la recherche de son identité dans un contexte de profonde mutation culturelle et sociale, est récompensé par le Prix Femina.

François Cheng reçoit d’autres prix, dont le Prix Roger Caillois en 2000 pour Double chant (1998), le Prix André Malraux pour Shitao – la saveur du monde (1998).

En 2001, l’Académie française lui octroie le Grand prix de la Francophonie.

Élu membre de l’Académie française en 2002, il poursuit son cheminement et continue d’écrire des ouvrages pleins de sagesse dont on peut citer quelques titres comme : À l’orient de tout (2005), Cinq méditations sur la beauté (2010), Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie (2013), Une longue route pour s’unir au chant français (2022), Une nuit au Cap de la Chèvre (2025).

Morceaux choisis

  • Une nuit au cap de la Chèvre, 2025

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Juillet 2025)

Lors d’un séjour au Cap de la Chèvre, tout au bout de la Bretagne sur la presqu’île de Crozon, François Cheng se recueille et nous livre le fruit d’une nouvelle méditation, qui renforce ses idées sur la vie dont il nous a déjà fait part dans Cinq méditations sur la mort. Dans Une nuit au cap de la Chèvre, il insiste sur une vision sereine et harmonieuse de l’existence, qui permet de donner un sens à la vie.

« Disons sans tarder que la Mort n’est nullement une force extérieure qui viendrait anéantir le processus de la Vie. Elle résulte d’une loi imposée par la Vie elle-même afin que la Vie puisse se renouveler et se transformer. C’est la Mort qui fait que la Vie est vie, en nous poussant vers l’urgence de vivre, en vue d’une forme d’accomplissement ou de sublimes dépassements. Tapie au creux de notre conscience, elle est la part la plus intime, la plus personnelle de notre être. Elle rend tout unique dans notre existence, unique chaque minute de notre temps, unique chaque acte de notre entreprise, unique notre existence. » 

Il souligne le rôle essentiel de l’être humain vivant en confiance et en toute humilité et évoluant librement en symbiose avec les autres. Selon lui, même si la vie est fragile et en transformation permanente, on est responsable de ses choix, de ses accomplissements et de sa contribution à l’univers.

Par ailleurs, en s’appuyant sur la mission du poète orphique, l’auteur nous montre que la poésie peut changer notre regard sur la vie. En effet, le poète, pour lui, serait comme un guide spirituel, qui aiderait l’être humain à comprendre le lien entre lui et le cosmos, à transcender la mort par un acte de partage créative et solidaire, donc à transmettre quelque chose d’immortel.

« Le poète orphique, avançant sans cesse vers la profondeur du devenir humain, est un solitaire qui a pris en charge la multitude. Par son chant qui s’apparente à la prière reliant les vivants et les morts, il est en constant rapport avec la transcendance qui anime les êtres, à l’image des astres qui brillent de leurs feux entrecroisés, ou des arbres qui se nourrissent de leurs racines entremêlées. La voie est faite d’innombrables ‘communes présences’ qui honorent la Vie. »

Dans un monde où tout semble éphémère et fragile, François Cheng nous invite à dépasser la frayeur de la mort et nous fait réfléchir avec beaucoup de poésie sur une autre philosophie, celle de la pérennité.

« Un grand nombre d’êtres m’habitent à présent, les hommes à l’esprit droit dont j’ai partagé passion et quête, les femmes à l’âme élevée qui sont pour moi des envoyées du Divin. D’eux je connais aussi bien les désirs, les élans, les accomplissements, que les épreuves et les souffrances. M’ayant poussé à creuser jusqu’au tréfonds les mystères de l’âme humaine, ils ont grandement contribué à faire de moi ce que je suis ; ils participeront, au-delà de la mort, de ce que je serai. »

Sources

François Cheng, Une nuit au cap de la Chèvre, © Albin Michel, 2025, 75 p.