Biographie 
Juriste, chef traditionnel burkinabè, homme de lettres et de culture, Frédéric Pacéré Titinga est né à Manéga au cœur du pays Mossé en 1943. Il commence ses études au Burkina Faso, puis les poursuit au Sénégal et en Côte d’Ivoire avant de se rendre en France. Il travaille au Tribunal pénal international pour le Rwanda et fonde l’association Avocats sans frontières à Bruxelles en 1992, tout en défendant les enfants de la rue.
Frédéric Pacéré Titinga nous lègue une œuvre prolifique en littérature, en sociologie et en droit. Il reçoit le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire en 1982 pour ses œuvres Poèmes pour l’Angola (1982) et La Poésie des griots (1982).
En 2004, il publie Pensées africaines, Proverbes, dictons et sagesse des anciens, un recueil rassemblant des paroles profondes et pleines de philosophie.
Morceaux choisis
- Poèmes pour l’Angola (fragment), 1982
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Janvier 2026)
Frédéric Pacéré Titinga s’est inspiré de la guerre civile angolaise, qui a fait suite à une guerre de décolonisation plus ancienne et qui a duré de 1975 à 2002. Il voulait sensibiliser ses compatriotes à l’importance de la paix et de l’unité en Afrique, en soulignant que l'expérience douloureuse de l’Angola pouvait servir de leçon à l’ensemble du continent.
« Ma mère priait
Près de la tombe
De NABA ZIDA.
Le fils
Apparaît
Et s’inquiète ;
La mort
Toujours au Sud
Frappe sur un frère ;
De loin
Je ne vois
Qu’une plaine
Qui gît
Un panier de crabes ;
Mon frère
Courant,
Dans l’eau qui ruisselle,
Lance
La phrase
À la terre des Aïeux :
« Le Sud
Souhaite
Faire,
Ta connaissance. »
Le texte extrait du recueil Poèmes pour l’Angola nous touche parce qu’il illustre la douleur du deuil à travers la scène poignante d’une mère priant près de la tombe de Naba Zida, visiblement un ancêtre, nous invitant à méditer sur le sens de l’existence et le sentiment de perte. En abordant la mortalité avec une légèreté subtile, le poète invite à une réflexion sur l’identité et l’héritage familial. Le dialogue avec les ancêtres évoque un désir profond de renouer avec les racines et les traditions. Le symbolisme puissant, en lien avec les ancêtres et la culture, enrichit le propos en soulignant l’importance de la mémoire collective.
Sources
Frédéric Pacéré Titinga, Poèmes pour l’Angola (1982) in Anthologie de la poésie d'Afrique noire d'expression française, Paris, © Éditions Hatier, 1987, p. 47.