Biographie 
Gabriel Mwènè Okoundji, connu aussi sous le pseudonyme de Mwénè, né en 1962, dans le village d’Okondo à l’ouest de la République de Congo, réside dans la région de Bordeaux en France. Après une enfance dans son village natal, il étudie au lycée de Brazzaville avant de poursuivre des études de médecine à Bordeaux.
En parallèle de sa carrière médicale, il collabore à des revues de poésie. Figure emblématique de la poésie africaine francophone, il reçoit de nombreux prix pour son œuvre, dont le Grand prix littéraire d’Afrique noire en 2010.
En 1996, parait son premier recueil de poésie, Cycle d’un bleu ciel suivi d’autres ouvrages comme L'Âme blessée d'un éléphant noir (2002), Au matin de la parole (2009), Chants de la graine semée (2014), De l'identité culturelle congolaise (2017), Ne rien perdre, ne rien oublier (2017), Il y a la terre, il y a le ciel, (2019), entre autres.
Morceaux choisis
- Parcours, Cycle d’un ciel bleu, 1996
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Janvier 2026)
Cycle d’un ciel bleu, le premier recueil de Gabriel Okoundji, rassemble des poèmes où on sent comment l’élan de jeunesse du poète cède peu à peu la place à une quête essentielle de la parole fondamentale, reliant l’humain à ses racines et à l’univers. Le recueil nous fait suivre son cheminement en trois parties intitulées : « Habitation », « Parcours », « Prière aux ancêtres ». Il évoque son « souffle d’exilé », explore un ciel lumineux tout en méditant sur le thème de l’errance. À la manière des chants rythmés de son pays, pleinement ancré dans l’existence et plongeant dans l’ivresse « d’une croyance solaire », il nous livre ses paroles, mêlant souvenirs et projections vers l’avenir. Il interpellera directement le lecteur (ou son moi intérieur) dans le poème intitulé « Parcours » :
« Tu n’as qu’une histoire.
Ton histoire est incommensurable.
Elle s’étend à perte d’étonnement
sans perfection
dans les couloirs de la passion.
Ton histoire est précieuse.
Moi, j’exige de toi
un silence.
Pas de ce silence des états communs
Aux aguets du moindre murmure.
J’exige de toi
Le silence d’un marigot
ou d’un lace
ou d’une larme.
Pas de ce silence fugitif
qui oxyde les pactes
à même les langes de l’idiome.
j’aimerais te conduire
à petits pas de blessé
dans la voix du silence
jusqu’au secret du silex. »
Le poète essaie ainsi de transcender toute forme d’exil par une forme de sagesse propre à ses racines africaines pour inscrire sa voix dans la résilience et son histoire dans la puissance de la pierre dure. Plus loin dans le recueil, il nous dit que le regard des ancêtres, « horizon de lumière » guidera les futures générations. Un message d’espoir à l’heure des ténèbres…
Sources
Gabriel Okoundji, Cycle d’un ciel bleu, © L’Harmattan, 1996, 48 p.