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Henri Grégoire

Biographie Abbe gre goire

Né en 1750 dans à Vého, petit village des Trois évêchés de Lorraine, sa précocité a attiré l’attention du curé de son voisinage qui a fait pousser son éducation à Emberménil, avec des enfants de la noblesse du duc de Lorraine Stanislas Lezczynski, beau-père de Louis XV. Il est ensuite inscrit chez les jésuites de Nancy puis à l’Université de Pont-à-Mousson où il étudie la philosophie, la théologie, les humanités et la rhétorique. Il reçoit à 23 ans le premier de poésie de l’Académie de Nancy.

Homme de caractère, Henri Grégoire est ordonné prêtre et devient en 1782 curé d’Emberménil. Là, il crée une bibliothèque agronomique, combat les superstitions des agriculteurs et devient à la fois le guide spirituel et temporel de ses paroissiens. Fréquentant les sociétés philanthropiques de l’Est de la France, il s’intéresse très tôt, dès 1778, au sort des juifs mais aussi à celui des curés de campagne vivant pauvrement. Il est élu par eux en 1787 dans un assemblée provinciale chargée de défendre leurs intérêts, ce qui le conduit en 1789 à être député du clergé aux Etats Généraux. Il monte alors à Paris et commence une carrière politique en demandant l’abolition des privilèges et notamment du droit d’ainesse ainsi que l’instauration du suffrage universel masculin. Participant à la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, il est l’auteur de la formule: « Les hommes naissent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondèes que sur l’utilité commune. » 

Il contribue à la création de la Constitution civile du clergé dont il sera le premier à prêter serment. Toute sa vie il conciliera son engagement chrétien et sa fidélité à la Constitution et cela jusqu’à son lit de mort, ce qui le fera détester des traditionalistes. Nommé évêque à Blois, il est partisan de la suppression de la monarchie mais malgré un engagement très fort dans la politique révolutionnaire, il ne votera pas la mort du roi, étant absent de Paris au moment du vote. Il sera cependant accusé de l’avoir fait durant tout le reste de sa vie. Prenant une part active aux débats de l’Assemblée législative puis de la Convention, dont il a été élu président un temps, il sera le fondateur du Conservatoire des arts et métiers qui existe toujours et militera en faveur de l’unification de la langue française avec la suppression progressive des patois mais la création du Bureau des longitudes. Il contribuera également à la création de l’Institut de France.

C’est pourtant dans la lutte contre l’esclavage qu’il dépensera le plus d’énergie dès le début de la Révolution en contribuant à son abolissement dès 1791. En 1799, il s’opposera à Napoléon qui avait rétabli l’esclavage dans les colonies. Après le 9 thermidor (1794), il gardera la même ligne de conduite et se battra pour la sauvegarde du patrimoine. C’est lui qui a inventé le terme de vandalisme. Pendant l’Empire, il sera nommé sénateur et comte d’Empire mais restera hostile à Napoléon comme à tous les monarques. Il participera avec Talleyrand en 1814 à la déchéance de l’empereur et restera suspect aux yeux de Louis XVIII et de Charles X. Retiré à partir de 1819, il conservera ses idées et sa dignité. Il refusera de renier la Constitution civile du clergé et malgré l’archevêque de Paris, c’est un curé plus ouvert et plus chrétien qui lui donnera les derniers sacrements qu’il demandait.

A la lumière de ses engagements pour la Révolution et la démocratie, ses combats contre l’ignorance, l’antisémitisme, la peine de mort et les monarchies, avec sa participation active aux principales créations de la période révolutionnaire, on peut dire que l’abbé Grégoire, panthéonisé tardivement par Mitterand, est le plus grand homme de la Révolution française. Il en a épanoui les meilleures idées sans en accepter les excès.