image Livres

Henri Lopès

Biographie Henri lope s

Né en 1936 à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa, Henri Lopès grandit au Congo-Brazaville (aujourd’hui République du Congo) et à Bangui avant de se rendre en France. Après des études en histoire à la Sorbonne, il rentre au Congo en 1963 et enseigne l’histoire pendant trois ans à l’École normale supérieure d’Afrique centrale à Brazzaville. Il sera Premier ministre de son pays pendant quelques années et travaillera pour l’UNESCO avant d’être nommé ambassadeur de la République du Congo en France en 1998.

En tant qu’écrivain, Henri Lopès est l’un des figures les plus reconnues de la littérature africaine moderne. Son livre Tribaliques lui vaut le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire en 1972. Dans Sans tam-tam, paru en 1977,  l’écrivain critique la corruption des élites politiques africaines, mettant en lumière son impact négatif sur les populations et appelant à une meilleure gouvernance. Il souligne également le rôle crucial des personnages féminins, qui luttent pour leur émancipation, dans ce processus d’évolution.

En 1993, il reçoit le Grand prix de la Francophonie de l’Académie française.

Le Pleurer-rire (1982) et Chercheur d’Afriques (1990) sont deux romans qui mettent en scène des personnages en quête d’identité évoluant dans une ambiance de corruption après l’indépendance des pays africains.

Morceaux choisis

  • Sans tam-tam, 1977

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Août 2025)

A l’aune de l’actualité africaine plutôt chaotique, où les nations indépendantes depuis dix décennies luttent encore pour avancer et se développer dans la paix, il est intéressant de relire Sans tam-tam d’Henri Lopès. En un demi-siècle, la situation sociopolitique particulièrement décevant dans beaucoup de pays africains.  Dans son roman épistolaire, il choisit de prendre un enseignant, prénommé Gatsé, comme personnage principal pour mettre en valeur le  rôle de l’éducation dans le l’évolution positive de la nation. Gatsé, homme de principe et de convictions, dénonce la corruption et prône une politique du mérite, car «  à accepter trop vite les haut postes, sans en avoir le mérite, on engendre des sociétés médiocres, où la corruption et le matabiche (pourboire) règnent sans partage. »

Henri Lopès, écrivain engagé, aborde aussi la question de l’héritage colonial et milite pour le juste milieu. Le personnage principal de Sans tam-tam  préconise d’équilibrer l’apport des colonisateurs et la richesse du pays avec un programme d’action des enseignants. Il dira qu’il s’agit de faire une révolution, ces derniers étant aussi des combattants armés pour « désaliéner les consciences » :

« Désaliéner  c’est, chez nous, décoloniser les mentalités. Mais ce n’est pas en rejetant totalement à la poubelle, l’histoire et la civilisation de l’ancien oppresseur. C’est de montrer les contradictions entre les sommets de celle-ci, et ce qu’il a fait (qu’il continue de faire)  en Afrique. Parler français, rédiger nos résolutions dans cette langue, n’empêchent pas la profondeur de nos convictions nationalistes. »

Selon Gatsé, l’éducation permet de sortir de l’ignorance, de procurer des outils aux hommes pour s’élever et participer au développement de la société. « Il y a un problème de mentalités, d’habitude, d’organisation, de méthodes de travail, toutes maladies que seule une éducation peut guérir. », dit-il. Éduquer, certes, mais peut-être aussi dialoguer…

Sources

Henri Lopès, Sans tam-tam, ©  Éditions Clé, Yaoundé, 1977.