Biographie 
Né à Tunis en 1947, Hubert Haddad, dramaturge, poète et romancier, émigre à Paris en 1950 avec ses parents. Son premier recueil de poèmes, Le Charnier déductif, parait en 1967 alors qu’il n’a que 20 ans. Il fonde plusieurs revues littéraires dont Le point d’être en 1970. Depuis 2016, il dirigera la revue annuelle de littérature et de réflexion, Apulée, exprimant ainsi son combat pour la notion de liberté en particulier.
Son œuvre très variée comprend entre autres des romans remarquables tels que Un rêve de glace (1974), L’Univers (1999) et Palestine (2007), qui lui valent plusieurs prix. Le Peintre d’éventail (2013), qui célèbre la civilisation nippone, est récompensé par le Prix Louis Guilloux 2013, le Prix Océans France Ô du livre 2014.
En 2015, il publie Mā et Corps désirable, qui nous font voyager et en 2018, avec Casting sauvage, il explore la ville de Paris.
En plus de sa carrière littéraire en tant que dramaturge et romancier, Hubert Haddad est également historien d’art et peintre. Parmi ses multiples activités, il anime aussi des ateliers d’écriture à travers la France.
Morceaux choisis
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (HJ - Octobre 2025)
J’ai choisi ce passage parce qu’il marque l’ambiguïté entre la situation de la jeune fille arabe résistante et celle de l’officier israélien occupant mais sensible à sa beauté, alors que tout les sépare.
« Le convoi repartit à vive allure à travers la vieille ville. L’aube tranchait des ombres d’un seul tenant, bleues et géométriques, dans les rues désertes. Les drapeaux de l’occupant flottaient ici et là, sur les façades et les toits. Les stores de boutiques et les murs barbouillés de slogans, les chantiers noircis par le feu, les rues barricadées de cloisons de ferraille ou de béton succédèrent aux antiques et muettes demeures du centre. Tout le temps du voyage, derrière les grillages du fourgon, Falastin ne put quitter des yeux le gardien de l’immeuble qui sanglotait. Était-ce de frayeur, de rage ou d’humiliation ? Ralentis par les barrages, les véhicules militaires gagnèrent leur base à la limite du faubourg ouest. (.) » (p. 80)
Sur une terre, on ne peut même pas dire un pays, où deux peuples s’affrontent dans l’hostilité et le mépris pour ne pas dire dans la haine, l’inhumanité s’empare des uns et des autres au point de les dépouiller de leur personnalité et de les rendre aveugles symboliquement comme l’est devenue la mère de la jeune fille avant de périr dans les ruines de sa maison rasée par le bulldozer. Dans cette ambiance mortifère, l’amour que découvre l’un pour l’autre, le jeune israélien Cham devenu Nessim et la jeune palestienne au nom prédestiné de Falastin, pourrait apporter un peu d’espérance mais l’histoire ne nous le dit pas
Sources
Hubert Haddad, Palestine, © Éditions Zulma, 2007, 155 p.