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Jean-Baptiste Tati-Loutard

Biographie Jean baptiste tati loutard

Né dans le village de Ngoyo dans le sud du Congo en 1938, Jean-Baptiste Tati-Loutard est une figure importante de la poésie francophone africaine, avec une œuvre comprenant une dizaine de recueils et plusieurs distinctions. Après ses études secondaires à Brazzaville, il poursuit des études de lettres en France et commence sa carrière en tant que professeur. Leader du mouvement culturel congolais, il occupe divers postes, mêlant sa vie littéraire à son engagement politique, devenant ministre de plusieurs départements, dont l’Enseignement supérieur et la Culture

Sa carrière poétique, s’étalant sur trente ans, explore des thèmes profonds tels que l'art, la vie, la réconciliation des contraires, l’existence et le passage du temps. Poèmes de la mer, son premier recueil de poésie parait en 1968, suivi d’une dizaine de recueils, des nouvelles, des essais, des anthologies et des romans comme Le masque de chacal (2006) et Le récit de la mort qui obtient le Grand Prix littéraire d’Afrique noire en 1987.

Morceaux choisis

  • Le masque de chacal,  2006                       

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Juillet 2025)

Aujourd’hui, la défense de la liberté de la presse est une nécessité fondamentale pour préserver l’accès à une information fiable, sans contrainte ni ingérence. Jouant un rôle essentiel dans la société en tant que garants de l’information et de la transparence, les journalistes sont encore menacés de répression de toutes sortes, de censure et accusés de délits de presse. Dans Le masque de chacal, Jean-Baptiste Tati-Loutard raconte l’histoire de Dozock, un journaliste incompris à Brazzaville. Visiblement « protégé » par le masque de chacal que lui lègue un oncle adoptif, et dans son combat pour la liberté d’expression, il essaie de créer une nouvelle presse,  avec L’Éveil, son propre journal dans un contexte social complexe dominé par des tensions politiques liées aux défis de la démocratie.

Dozock, engagé et déterminé dans sa lutte, nous rappelle un débat qui défraie les chroniques depuis plusieurs siècles. Les journalistes relayant les « écrivains-philosophes » ont un rôle essentiel dans la société.  

« Ce siècle de Victor Hugo, Lamartine, Balzac et bien d’autres, poursuivait le combat de celui des lumières. Et désormais, avec la presse, les écrivains avaient une arme redoutable au boute de la plume. Un siècle plus tôt, les écrivains s’étaient mués en philosophes et avaient préparé la Révolution de 1789 ; en cette époque de révolution industrielle, c’est la presse qui, désormais, avait le pris le relais : il fallait être journaliste ou en adopter les armes. Cette remarque le replongea dans cette absence quant au procès qui se déroulait pourtant sous ses yeux. »

Malgré les défis et les désillusions, le journaliste congolais luttera jusqu’au bout pour accomplir son rêve, afin que la presse devienne un véritable levier de démocratie et d’émancipation collective. Telle une mission, « s’imposait en lui la nécessité d’informer et de former le peuple, surtout cette jeunesse désœuvrée à qui la guerre civile avait offert l’occasion de pratiquer le vol, le viol et toutes sortes de violences à l’entrée de la vie. »

Sources

Jacques Tati-Loutard, Le masque de Chacal, © Présence africaine,  2006, 195 p.