image Livres

Jean Giono

Biographie Jean giono

Né en 1895 à Manosque dans le Sud-est de la France, Jean Giono un écrivain majeur du XXe siècle, reconnu pour ses romans, poèmes, essais et pièces de théâtre. Issu d'une famille modeste, il quitte l’école très jeune pour devenir clerc de notaire, avant d’être mobilisé pendant la Première Guerre mondiale. Après la guerre, il se consacre à lécriture, publiant son premier roman, Colline, en 1929, suivi d’œuvres emblématiques telles que Un de Baumugnes (1929) et Regain (1930). Tout en critiquant la société moderne et en abordant la thématique universelle de la condition humaine, ses écrits reflètent aussi sa passion pour la nature.

En plus de sa carrière littéraire, Giono s’engage politiquement, rejoignant la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale et sera arrêté par la Gestapo en 1944. Après la guerre, il écrit des romans tels que Le Hussard sur le toit (1951) qui traite d’une épidémie de choléra, et Les Âmes fortes (1939), explorant des thèmes d’amour et de mort.

Sa nouvelle L’Homme qui plantait des arbres (1953) est devenue un emblème du mouvement écologiste, illustrant bien le concept de développement durable. Récompensé par de nombreux prix littéraires, Giono est célébré comme l’un des plus grands écrivains français. En 1953, il  reçoit le Prix littéraire du Prince Pierre-de-Monaco pour l’ensemble de son œuvre et sera élu en 1954 au sein de l’Académie Goncourt.

Il décède en 1970 dans sa ville natale.

Morceaux choisis

  • Regain, 1930

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Février 2026)

Dans ce roman champêtre, Jean Giono clôt la trilogie de Pan en évoquant la renaissance de la terre, symbole de renouveau et de métamorphose. Le roman dépeint un passé difficile marqué par le désespoir et le découragement, puis propose un retour à la vie en harmonie avec la nature, en respectant ses rythmes. La première partie montre une terre abandonnée, balayée par des vents destructeurs, tandis que la seconde explore l’écoute, la compréhension et l’acceptation des éléments. La clé du renouveau réside dans l’action : planter, semer, respecter la terre pour faire revivre la vie. Jean Giono insiste sur la beauté et la force de la nature, perçue parfois comme hostile, mais essentielle à l’épanouissement de l’homme. En rentrant chez eux à la campagne après une journée à la foire du village, Panturle et Arsule, les deux protagonistes recherchent l’apaisement que leur procure la nature :

« Le vrai, c’est qu’ils ont soif d’être seuls dans leur silence. Ils ont l’habitude des grands champs vides qui vivent lentement à côté d’eux. Là, ils sont cimentés, chair contre chair, à savoir d’avance à quoi l’autre réfléchit, à connaître le mot avant qu’il ait dépassé la bouche, à connaître le mot quand on est encore à le former péniblement dans le fond de la poitrine. Ici, le bruit les a tranchés comme un couteau et ils ont eu besoin, tout le jour, de se toucher du bras ou de la main pour se contenter un peu le cœur. (.)

Ils sont partis par la route de Saint-Martin ; ça fait raccourci.

Il y a eu d’abord un grand peuplier qui s’est mis à leur parler. Puis, ç a été le ruisseau des Sauneries qui les a accompagnés bien poliment en se frottant contre leur route, en sifflotant comme une couleuvre apprivoisée ; puis, il y a eu le vent du soir qui les a rejoints et qui a fait un bout de chemin avec eux, puis il les a laissés pour de la lavande, puis il est revenu, puis il est reparti avec trois grosses abeilles. (.)

On entend respirer les herbes à des kilomètres loin. Ils sont chez eux.

Le silence les pétrit en une même boule de chair. »

Le besoin d’authenticité humaine et la nécessité de la solitude et du silence se font ressentir. Ce texte résonne avec le désir actuel des gens qui fuient un monde trop bruyant. Ils veulent retrouver le calme, le bien-être, l’essentiel, écouter, sentir et comprendre ce qui les entoure. Regain, c’est un roman à revisiter à la lumière des changements sociaux provoqués par la communication virtuelle et superficielle du monde moderne.

Sources

Jean Giono, Regain, 1930 (1e éd.), © Librairie Générale Française, 1995, 175 p.