Biographie 
Membre du Parlement des écrivaines francophones, originaire de Bucarest et résidant actuellement à Paris, Linda Maria Baros, traductrice, essayiste et poétesse, est née en 1981. Docteure en littérature comparée à la Sorbonne, vice-présidente du PEN Club français et membre titulaire de l’Académie Mallarmé ainsi que du prix Guillaume Apollinaire, elle dirige le Festival franco-anglais de poésie et la maison d’édition La Traductière.
Elle publie plusieurs ouvrages de poésie, dont Le Livre de signes et d’ombres (2004) pour lequel elle reçoit le Prix de la Vocation. En 2006, parait le recueil de poésie La Maison en lames de rasoir qui sera récompensé du Prix Apollinaire. Suivront d’autres ouvrages comme L’Autoroute A4 et autres poèmes (2009) et La Nageuses désossée, légendes métropolitaines (2020).
http://www.lindamariabaros.fr/poemes_de_Linda_Maria_Baros.html
Morceaux choisis
- La maison en lames de rasoir, 2006
- La marche sur les eaux, Volcaniques, 2025
Pourquoi j’ai choisi ces textes ? (PN - Octobre 2025)
La maison en lames de rasoir : La vie est en perpétuelle (re)construction. Au fil des saisons et des décennies, on se rend compte que rien ne reste éternellement figé. On bâtit des maisons, on tisse des relations, on embellit, on entretient, on peut aussi tout raser et reconstruire à zéro. Dans La maison en lames de rasoir, Linda Maria Baros emprunte la métaphore architecturale pour décrire la complexité de la construction d’une maison qui nous fait penser aussi à celle des relations humaines. Les murs, la porte, la fenêtre prennent tout leur sens symbolique pour décrire l’enfermement, et la perspective des ouvertures. La maison est aussi un repère familial, une source nourricière. Pour elle,
« Le premier mot fut donc un cube
Formé de six lettres et d’un espace : maison
Une sorte de mère et une sorte de père. »
Elle évoque aussi la situation tragique de ceux privés de demeures dans le poème Le masque à gaz par exemple.
« Jusqu’à toi, il y a le grand boulevard/ au-dessous duquel pend
à de longs crochets d’acier, comme un masque à gaz,
le scalp des jours passés.
Et la mitrailleuse avec laquelle tu tires longuement.
Les balles bourdonnent, la caravane ne vient pas. »
Cet ouvrage nous propose des poèmes très imagés, pleins de joie, de tendresse, d'amertume et de révolte à la fois. Dans certains poèmes, les strophes nous font réfléchir sur l’existence, les étapes d’une construction, le rôle des uns et des autres dans l’épanouissement d'un projet de vie jusqu’au bilan final... avant le dernier voyage. Qu'est-ce que bâtir ? Pourquoi une maison ?
Ne dit-on pas que ce qui compte, c'est le chemin parcouru et non la destination ?
Sources
Linda Maria Baros, La maison en lames de rasoir, © Cheyne Éditeur, 2006, 80 p.
La marche sur les eaux, Volcaniques : Dans ce poème, Linda Maria Baros exprime la fragilité de l’existence en s’appuyant sur des images très puissantes empruntées à la nature. L’homme est en proie à des émotions parfois déstabilisantes. La violence de la souffrance que décrit la poétesse quasiment à chaque vers parait redoutable mais semble atténuée par le ton méditatif qui invite à la réflexion pour dépasser les affres de la douleur. Dans ce texte, on perçoit chez Linda Maria Baros le pouvoir salvateur de la poésie sur l’homme.
Lisez les morceaux choisis
Linda maria baros la marche sur les eaux (58.28 Ko)