Biographie 
Né en 1935 à M’Bamou-Sinda, dans le district de Kinkala, Martial Sinda, est un spécialiste de l’histoire des religions. Il arrive en France en 1948 et en 1961, obtient un doctorat à la Sorbonne, sur une thèse sur les mouvements messianiques en Afrique centrale.
Son premier et unique recueil de poésie, Premier chant du départ qui parait en 1955, est son premier recueil de poésie et aussi le premier ouvrage publié par un Aéfien (ressortissant de la Fédération de quatre colonies d’Afrique centrale : Gabon, Moyen-Congo, Tchad, Oubangui-Chari). Le recueil est récompensé par le Grand Prix Littéraire de l’AEF. Martial Sinda sera reconnu comme le premier poète de la négritude de l’Afrique Équatoriale Française.
En 1974, son ouvrage intitulé Le messianisme congolais et ses incidences politiques, est récompensé par le Prix Georges Bruel. Enseignant dans plusieurs universités africaines et françaises, il devient professeur honoraire à la Sorbonne-Nouvelle et reçoit plusieurs distinctions honorifiques. Il s’éteint à Paris en juillet 2025.
Morceaux choisis
- Premier chant du départ, 1955
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Novembre 2025)
Dans un extrait de son recueil Premier chant du départ, Martial Sinda, engagé pour son pays et sa culture, décrit la tristesse et la stagnation de l’Afrique.
« Afrique, pays des tristesses !
Afrique, pays des mauvais décors !
Afrique, pays sans joies, sans danses, sans chansons !
Afrique, pays des pleurs et des plaintes
Tam-tam, tam-tam-toi
Sans cesse, tam-tam-toi
Clochette, clochette-toi, toujours, toujours.
O Armstrong, regarde cette Afrique qui dort,
Regarde cette Afrique qui ne bouge pas
Sans ta trompette, sans tes doux blues, sans ton jazz.
tam-tam-toi, ohoéé, notre Afrique !
Trompette, trompette, ô Armstrong, maître du jazz,
Trompette, trompette pour ranimer toute l'Afrique Noire.
Trompette, trompette pour réveiller cette Afrique endormie. »
Il souligne la richesse culturelle du continent tout en mettant en lumière les difficultés vécues, suscitant ainsi une réflexion sur la condition de l'Afrique et son patrimoine culturel. En interpellant le grand musicien de jazz afro-américain, Louis Armstrong, le poète lance un cri poignant au lecteur aussi pour reconnaitre et célébrer l’Afrique.
Sources
Martial Sinda, Premier chant du départ, Paris, Éditions Seghers, 1955.