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Michèle Rakotoson

Biographie  Rakotoson

Née en 1948 à Antananarivo, Michèle Rakotoson part étudier des lettres et la sociologie à Paris. De retour au pays, elle travaille comme professeur de lettres et metteur en scène. En 1983, elle quitte son pays pour des raisons politiques et devient journaliste à Paris, notamment à Radio France Internationale et à France Culture.

Son œuvre centrée sur la culture et l’identité malgaches explore les traditions et les coutumes locales. Son premier roman, Le Bain des reliques qui parait en 1988, évoque la tradition des secondes funérailles malgaches marquées par le retournement des os des morts, tandis que Hennoÿ (1998) aborde la mémoire des morts et l’esclavage. Avec Juillet au pays (2007), elle choisit l’autobiographie, réfléchissant sur le retour au pays des expatriés.

En reconnaissance de son œuvre, l’Académie française lui décerne la Grande médaille de la francophonie en 2012.

En 2023, elle reçoit le Prix Orange du livre en Afrique pour Ambatomanga, Le silence et la douleur (2022), qui traite de la colonisation de Madagascar par la France.

Morceaux choisis

  • Juillet au pays, Chroniques d’un retour au pays, 2007

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Février 2026)

Chroniques d'un retour à Madagascar est un récit mêlant journal de voyage et réflexions personnelles où Michèle Rakotoson, lors de son retour au pays, raconte ses souvenirs d’enfance en brossant un tableau de la réalité qu’elle découvre. L’écriture à la fois intime et poétique nous invite à la suivre dans un voyage introspectif poignant sur l’identité, la mémoire et l’exil. Se retrouvant étrangère dans île natale, elle cherche ses repères avec nostalgie. Elle nous fait la description du destin funeste d’un pays qui a traversé des phases historiques particulièrement tumultueuses. Selon elle, profondément marqué par la colonisation, la dictature, les rébellions successives, la corruption la désertification et la famine, Madagascar a évolué difficilement au fil du temps. Toutefois, dit-elle, reconstruire est possible, tant qu’il y aura des poètes et des chanteurs pour encourager à marcher au nom de l’espoir (fanantenana). Sa quête de sens se poursuit lorsqu’elle retourne au village de ses grands-parents, un pèlerinage qui va l’aider à trouver la voie en elle pour se réapproprier son pays.  

Dans le morceau choisi extrait du chapitre « Errance », on retrouve ce sentiment de malaise, d’incomprise, de « décalée », installée en permanence dans « l’entre-deux », à la recherche de ses racines et de cet ancrage qui manque souvent à ceux qui partent volontairement, ou non, loin de chez eux. Sa perception de la ville à la fois mystérieuse et marquée par la misère devient un espace chargé de symboles. Michèle Rakotoson réussit à nous toucher par la sincérité de ses propos surtout lorsque son récit soulève des questions universelles sur le douloureux retour aux sources, le rôle de la mémoire et le thème de l’altérité.

Lisez les morceaux choisis

Miche le rakotoson juillet au paysMiche le rakotoson juillet au pays (68.95 Ko)