Biographie
Né à Cotonou en 1932, dans l’ancienne colonie du Dahomey, Richard Dogbeh fréquente l’école catholique Saint-Michel et poursuit ses études en psychologie en Afrique et en Europe. Participant à de nombreux séminaires et conférences à l'échelle mondiale dans le cadre de l’UNESCO, il reçoit une bourse en 1962 pour approfondir sa formation pédagogique à Paris, Nairobi et Kampala. De retour à Porto-Novo en 1963, il devient directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale et de la Culture jusqu’en 1966, avant de retourner à l’Institut pédagogique national (IPN).
En parallèle de sa carrière administrative, Richard Dogbeh s’engage dans l’écriture. Dans les années 1960, il va diriger la page littéraire du quotidien gouvernemental dahoméen, L’Aube nouvelle. Peu après l’indépendance de son pays, il sera reconnu comme l’une des voix de la critique littéraire dahoméenne, aux côtés d’Olympe Bhêly-Quenum et Paulin Joachim. Après trois recueils de poésie, Rives mortelles (1964), Les eaux de Mono (1965) et Cap Liberté (1969), il publie un récit de voyages, Voyage au pays de Lénine (1969).
Morceaux choisis
- Salut Lagos, Cap Liberté, 1969
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Février 2026)
Dans un extrait du recueil Cap Liberté, la répétition de l’expression « Lagos, je te salue », à chaque moment de la journée, confère au texte un ton à la fois respectueux et solennel, renforçant ainsi la célébration de la ville par le poète.
« Ekarô ô
Lagos je te salue
dans la froideur de ce matin unique
où je t’aperçus dans ton île
Ekasan ô
Lagos je te salue
dans le feu du midi déclinant
Ekalê ô
Lagos je te salue
au bout de la nuit terminale
Lagos je te salue
Ville au ventre colossal
J’aime tes lumières des nuits surchauffées
tes rues saturées d’effluves
tes mares où grouillent des larves multiformes
J’aime tes avenues
tes ruelles où flotte l’argent des échoppes yoruba
Lagos
tes lumières multicolores au col des entrelacs
tes gratte-ciel dignes de Chicago Paris Londres »
Richard Dogbeh exprime son admiration pour la vitalité de Lagos, la capitale du Nigeria en citant ses lumières éclatantes, ses rues bondées et vibrantes, ainsi que les contrastes saisissants entre la tradition ancestrale et la modernité. Le mélange habile du français et du yoruba dans le texte souligne l’authenticité culturelle de cette ville abritant une communauté multilingue. À travers ces descriptions, écrites avec sobriété, sans envolées lyriques excessives, le texte témoigne d’une fascination sincère, rendant touchant l’hommage du poète.
Sources
Richard Dogbeh, extrait de Cap Liberté in Anthologie de la poésie d’Afrique noire d’expression française, © Éditions Hatier, 1987, p. 31-32.