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Victor Schoelcher

Biographie Victor schoelcher

Rien ne prédisposait Victor Schoelcher à devenir l’apôtre et le combattant de la lutte contre l’esclavage. Il était né en 1804 dans une famille bourgeoise catholique de Paris. Son père d’origine alsacienne était propriétaire d’une fabrique de porcelaine et sa mère était lingère. À l’occasion de ses études, il fréquente les milieux artistiques et connait notamment George Sand, Hector Berlioz et Franz Liszt... C’est envoyé comme représentant commercial de l’entreprise paternelle qu’il voyage à Cuba et découvre les horreurs de l’esclavage. Devenu journaliste et, adhérant à une loge franc-maçonne, il épouse rapidement des idées révolutionnaires. Il revend alors l’entreprise familiale pour se consacrer au journalisme.

C’est en 1833 qu’il publie son premier ouvrage : De l’esclavage des noirs et de la législation coloniale. Il n’est pas encore abolitionniste et ce n’est qu'en 1842, après un voyage aux Antilles, qu’il écrira : Des colonies françaises, Abolition immédiate de l’esclavage. En 1848, Victor Schœlcher est nommé sous-secrétaire d’Etat à la Marine et aux colonies dans le gouvernement provisoire de 1848.

Nommé également président de la commission d’abolition de l’esclavage il est l’initiateur du décret du 27 avril 1848, qui abolit définitivement l’esclavage en France. (Déjà aboli par la loi du 16 pluviôse an II et rétabli en 1802 par Napoléon 1er). Schoelcher est vraiment l’artisan de l’abolition définitive. Élu député de la Martinique en 1848, battu en 1849, puis élu député de la Guadeloupe, il continue à militer pour les droits des noirs, l’abolition de la peine de mort. Il est proscrit lors du coup d’État de 1851 fomenté par le futur Napoléon III et écrit alors une biographie de Haendel... Rentré en France en 1870, après la défaite de Sedan, il est réélu député de la Martinique et, en 1875, devient sénateur. Il continuera ses combats jusqu’à sa mort en 1893. Il sera inhumé au Panthéon en 1949.

Morceaux choisis

  • Victor Schœlcher, Esclavage et colonisation, 1948

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (HJ - Novembre 2025)

J’ai choisi ce texte pour plusieurs raisons. La première est qu’il est vraiment le premier document qui prépare l’adoption du décret d’abolition et qu’il est signé de Schœlcher lui-même comme président de la Commission. Le second est qu’il ouvre enfin, définitivement dans l’histoire de France une page que l’abbé Grégoire avait entrouverte le 15 aout 1789 et que l’empereur Napoléon 1er avait criminellement refermée en 1802 quand il a décidé de rétablir l’esclavage. Il faut savoir que c’est le décret d’abolition qui a permis aux Français d’arborer sans honte leur devise en y inscrivant la fraternité après la liberté et l’égalité depuis le 27 février 1848.

Ce décret a aussi permis d’aller vers l’instauration du suffrage universel, au moins masculin et, de ce fait, il a ouvert une nouvelle page dans les institutions de la France. Page que le second empire n’osera pas refermer. C’est au général de Gaulle qu’il est revenu d’achever le cycle républicain en instituant le suffrage universel féminin en 1945.

Toutefois, les Français doivent demeurer modestes. En effet, l’anglais Wilberforce qui avait eu, au moins depuis 1783 des contacts avec d’autres abolitionnistes comme Clarkson et Ramsay engagea en 1787 une véritable campagne contre l’abolition de l’esclavage. Il devance donc un peu Henri Grégoire. Et pourtant, clin d’œil cynique de l’histoire, cet homme qui, dans tous les autres domaines de la vie, avait été un conservateur rigoriste et avait vu une première abolition sanctionnée par le parlement britannique en 1807 mais pas vraiment appliquée, mourut en 1833, deux jours après l’adoption définitive de l’abolition...

Pour la toute petite histoire, mon sujet de concours à l’école de la France d’outre-mer en 1956 s’intitulait : « Les croisades antiesclavagistes » et mon professeur d’histoire coloniale au lycée Louis-Le-Grand, M. Paillet, communiste très modéré était uni comme les doigts de la main avec ses collègues d’opinions politiques diamétralement opposées. Verrait-on cela aujourd'hui ?

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