Biographie 
Abdellalatif el Jazouli est né à Marrakech en 1942. Journaliste, il a été tour à tour, directeur de la Fédération des Chambres d'Artisanat du Maroc, consultant auprès du PNUD, conseiller du Ministre de la jeunesse et des sports, secrétaire général de la Fédération Royale Marocaine d'Athlétisme. Il milite au sein de diverses associations sportives et caritatives.
Dans Zahra, son premier récit autobiographique (2014), l’auteur rend hommage à sa femme décédée, en évoquant leur histoire commune, ses actions pour l’éducation et les droits des femmes au Maroc, ainsi que son combat contre la maladie. En 2023, parait Marrakech Riad Zitoun Jdid qui, tout en évoquant l’époque coloniale, le pacha el Glaoui, la résistance marocaine, raconte l’histoire d’une dizaine d’enfants de diverses nationalités et religions ayant vécu en harmonie dans les années 1950 à Marrakech.
Morceaux choisis
- Marrakech Riad Zitoun Jdid, 2023
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (HJ - Juin 2025)
On me pardonnera cette excursion dans la cuisine marocaine mais il faut bien reconnaître qu’elle est un marqueur important de la vie familiale et citadine, justement dans la médina de Marrakech. Dans cet ouvrage écrit comme un récit autobiographique, le conteur n’enjolive pas ses souvenirs. Tout ce petit peuple vivait dans une parfaite harmonie à une époque qui a précédé l’indépendance du Maroc. En fait, le livre comporte deux parties distinctes : d’une part les souvenirs d’enfance avec les jeux, les habitudes familiales, la culture populaire, dans une famille aisée de dentiste, précisément originaire du quartier de Marrakech dont il est question. Quant à la seconde partie, elle permet d’observer l’éclosion chez l’adolescent d’une culture politique qui prend pratiquement naissance au moment de la déposition en 1953 du sultan Mohammed V et des combats politiques qui mèneront rapidement à l’indépendance.
Ce qui rend si précieux ces témoignages est leur époque et la vie quotidienne de la médina vue par un enfant. Nous sommes en effet au cœur de cette médina et beaucoup de petites choses ont maintenant disparu. Pour ceux qui, comme moi, ont vécu les années 80, Marrakech était alors « une belle endormie ». Ce sont les années 2000 qui ont apporté l’explosion urbaine, la création des cités nouvelles, la transformation radicale de Guéliz avec l’édification d’immeubles de quatre étages et plus, remplaçant les modestes villas qui croulaient naguère sous les bougainvillées, les lantanas, les bignones et les plumbagos... L’environnement de notre héros demeure totalement marrakchi à l’exception des ballades à pied ou en vélo dans la campagne proche ou des vacances familiales en montagne près du col de N’Tichka. On reste en ville et même dans la seule médina. On ne va jamais non plus à la mer ou dans les autres grandes cités du Maroc mais on découvre une tranche de la vie citadine qui, par bonheur, a échappé à la fuite du temps.
Lisez les morceaux choisis
Abdellatif el jazouli riad zitoun jdid (73.77 Ko)