Biographie 
Fille d’ambassadeur belge, Amélie Nothomb est née en 1967 dans la ville de Kobé au Japon où elle passera les cinq premières années de sa vie. Elle vivra dans plusieurs pays d’Asie et aux États-Unis avant de poursuivre des études en philologie romane à l’Université libre de Bruxelles. Autrice très prolifique, elle publie un roman par an et partage sa vie entre Bruxelles et Paris.
Elle commence à écrire dès l’adolescence et connait le succès en 1992 avec la publication de son premier roman, Hygiène de l’assassin. Sa consécration arrive en 1999 grâce à Stupeur et Tremblements, couronné par le Grand Prix de l’Académie française. Dans ses romans, des références mythologiques et philosophiques côtoient habilement humour, dialogues théâtraux et éléments fantastiques. Le parcours de ses parents l’a profondément influencée. Elle raconte la vie de son père, diplomate, à la première personne dans Premier sang (2021), et celle de sa mère, à la troisième personne dans Tant mieux (2025). Elle explique ce choix par le fait qu’elle ressemble davantage à son père, mais se sent proche de sa mère, malgré l’absence de ressemblance.
Ses œuvres, traduites dans de nombreuses langues, dont l’anglais, l’espagnol, le chinois, le japonais, le danois et l’esperanto, lui valent de nombreux prix littéraires prestigieux dont le Prix de Flore 2007 pour Ni d’Ève ni d’Adam, le Grand Prix Jean Giono pour l’ensemble de son œuvre en 2008, le Prix Renaudot en 2021 pour Premier sang et le Prix Jean-Monnet de littérature européenne en 2023 pour Le Livre des sœurs.
Morceaux choisis
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Janvier 2026)
Amélie Nothomb fait partie des écrivains qui ont contribué à l’essor de l’autofiction, nouveau genre littéraire caractérisé la narration d’un récit fictif à partir d’expériences vécues par l’auteur. Nous retrouvons l’autrice dans ce style où elle excelle avec Premier sang qui dresse une biographie romancée de son père Patrick Nothomb, de sa naissance à la prise d’otages de Stanleyville (aujourd’hui Kisangani) dans la République démocratique de Congo en 1964. Le récit mêle histoire familiale, contexte historique et évocation des mœurs de l’aristocratie belge évoluant au Pont d’Oye, en région wallonne, dans un bon vieux château du XVIIe siècle, propriété du baron et poète, Pierre Nothomb, l’arrière-grand-père de l’autrice.
Amélie Nothomb va également explorer l’enfance à travers les relations familiales avec un enfant qui va apprendre à s’endurcir auprès de ses grands-parents. Son père, qui a eu un vécu très dense, deviendra une véritable source d’inspiration pour elle. Lorsqu’elle parle de la transmission d’une génération à une autre, on ressent l’hommage sincère que l’autrice fait à son père comme le montre l'extrait suivant.
« À Vingt-trois heures trente, Danièle accoucha d’un garçon. C’était l’époque où le père n’était pas invité à assister à la délivrance, m’évitant de m’évanouir. Je ne fus appelé que quand l’enfant fut nettoyé de toute trace de sang.
Mon fils s’appela André, comme mon père. Celui qui me transforma en père ne pouvait porter que le prénom de mon père. Quand je le pris dans mes bras, je ressentis un amour si grand que je ne trouvai aucun mot.
André fut un bébé fragile et inquiet. Il tombait facilement malade. Pierre Nothomb, avec qui je m’étais réconcilié, se déplaça à Bruxelles pour rencontrer son premier arrière-petit-enfant. Il récita des vers qu’il venait de composer et le bébé eut l’air de l’écouter avec émotion.
Je savais que notre André serait un poète, déclara l’aïeul. »
Premier sang est un ouvrage écrit dans un style fluide et sans fioritures. Il peut se lire d’un seul trait au gré des péripéties de Patrick, un personnage particulièrement attachant.
Sources
Amélie Nothomb, Premier sang, © Éditions Albin Michel, 2021, 170 p.