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Axel Gauvin

Biographie Axel gauvin

Né en 1944 à Saint-Denis de la Réunion, Axel Gauvin est un écrivain fortement engagé pour la reconnaissance de la langue et la culture réunionnaise. Après avoir terminé ses études secondaires dans son île natale, il poursuit une formation scientifique et est admis à l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud en 1967. Il obtient une licence de Sciences Naturelles et une agrégation en 1972, débutant ainsi une carrière d’enseignant.

Influencé par ses racines indiennes, malgaches et africaines, et, Axel Gauvin s’oriente vers la culture, mêlant littérature et sociolinguistique. Il écrit en créole réunionnais et en français, produisant des poèmes, des pièces de théâtre et des romans, souvent en traduisant ses œuvres d’une langue à l’autre.

En 1980, parait son premier roman, Quartier Trois-Lettres, suivi de Faims d’enfance (1987), L’Aimé (1990), Cravate et fils (1996) et Train Fou (2000).

 

Morceaux choisis

  • Quartier Trois-Lettres, 1980

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Septembre 2026)

Dans ce premier roman d’Axel Gauvin, on suit une famille de pêcheurs plongée dans ses joies et ses peines au Quartier Trois-Lettres. Les protagonistes vaquent à leurs occupations au rythme des saisons et des caprices du temps, en se serrant les coudes dans les moments difficiles et en partageant les petits plaisirs de la vie quotidienne. On le découvre d’emblée dès les premières pages avec la complicité de Pierre et de Maxime. Au fil des pages, on voit le cheminement de Pierre, l’apprenti-pêcheur qui devient le soutien de sa famille. On peut suivre également l’émancipation de Louise après la mort tragique de Titien, son mari. Menant une vie modeste, les personnages nous touchent par leur courage et leur bonne humeur malgré les épreuves qu’ils traversent.

La pêche devient une promesse de solidarité : aller pêcher, rapporter le poisson, préparer un bon mets avec gout pour toute la famille, c’est un véritable rituel. Le texte qui suit illustre comment ce savoir-faire se transmet avec patience.

« Quand la saison des zourites rouvrirait, ce serait un plaisir que de guetter celles-ci à travers la vitre. Pierre les voyait déjà dans leurs trous de corail, avec leur tête globuleuse, leurs deux grosses billes d’yeux. Il s’imaginait les taquinant du bout des bâtons de filao passés exprès dans la cendre chaude, et retaillés au verre-bouteille. Pierre les obligerait à tendre un bras couvert de ventouses, puis un deuxième, puis un troisième, elles sortiraient enfin de leur caverne. Il les attraperait à la vole et les retournerait leur bonnet avant qu’elles aient pu larguer leur encre... C’était bon le cari-zourite, surtout quand maman Louise pouvait y mettre un verre de vin. La simple odeur vous halait depuis la ruelle ! Le cari-zourite juste croûté au fond de la marmite en fonte, avec du riz bien blanc et des haricots rouges bien rouges, n’était-ce pas là le manger que l’on offrait, sous la table, à défunte grosse-mère Célia, à défunt tonton Denis, et à tous les morts de la famille … »

La pratique de la pêche, gagne-pain essentiel, devient un bonheur. Elle rassemble les générations, honorant les ancêtres tout en tissant des liens familiaux et communautaires fondés sur le respect, la solidarité et la transmission, thèmes chers à Axel Gauvin. Par l’emploi du français réunionnais, symbole de l’identité locale, ce dernier nous brosse un tableau authentique de la culture créole à l’île de la Réunion.

Un roman attachant à (re)découvrir…

Sources

Axel Gauvin, Quartier Trois Lettres,  © L’Harmattan, 1991 (1e éd. 1980), 141 p.