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Belson (Toufik Hedna)

Biographie Toufik hedna

Né en 1961 à Sétif, Toufik Hedna est un architecte‑urbaniste, écrivain et chroniqueur, dont le parcours s’étend sur plus de trois décennies entre l’Algérie, la France et l’international. Son regard se nourrit d’une double fidélité : à la mémoire urbaine, qu’il explore et défend, et à l’exigence critique, qu’il exerce dans ses interventions publiques comme dans ses écrits.

Formé à l’architecture, il s’est imposé comme un spécialiste de la réhabilitation du patrimoine et de l’analyse des dérives urbanistiques contemporaines. Son travail, souvent engagé, interroge la manière dont les villes se transforment, se défigurent ou se réinventent.

Également romancier, il écrit sous le nom de plume Belson. Son dernier ouvrage, Ville de Jean, est un roman noir social situé dans le quartier de Villejean à Rennes. Le livre, salué pour sa densité narrative et son sens du détail, explore les fractures d’un territoire urbain et les destins entremêlés de ses habitants.

Morceaux choisis

  • Ville de Jean, 2026

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (BS - Juin 2026)

Avec Ville de Jean, Toufik Hedna, sous le pseudonyme de BELSON, signe un roman noir d’une ampleur rare : une fresque sociale, politique et morale qui traverse un quartier, une ville et un pays. À travers Kadour, Zahra, Jean et une galerie de figures inoubliables, l’auteur explore la mécanique du pouvoir, la fabrique de la misère, la tentation du crime et la violence feutrée des institutions. Un livre qui ne décrit pas : il dévoile. Qui ne raconte pas : il accuse. Qui ne juge pas : il montre.

Il y a des romans qui s’installent dans un paysage littéraire comme un murmure. Ville de Jean n’en fait pas partie. Il ne cherche pas sa place : il la prend. Il arrive comme un choc, un coup de poing, un souffle brûlant venu de la dalle Kennedy, ce territoire que BELSON connaît de l’intérieur et qu’il restitue avec une précision presque organique. Le livre ne se contente pas de décrire un quartier : il en restitue la pulsation, la respiration, les spasmes. On n’est pas dans un décor, on est dans une matière vivante, une géographie de chair et de béton. Rien n’est décoratif, rien n’est folklorique : le quartier n’est pas un cadre, c’est un corps. Un corps blessé, vibrant, traversé de tensions, de colères, de solidarités minuscules et de violences sourdes. Belson écrit ce corps comme un médecin-légiste de l’âme : il en ausculte les nerfs, les cicatrices, les inflammations, les zones mortes. La dalle Kennedy devient un organisme à part entière, avec ses artères (les couloirs), ses poumons (les cages d’escalier), ses organes fatigués (les ascenseurs morts), ses toxines (les trafics), ses anticorps (les associations), ses fièvres (les émeutes), ses anesthésies (la résignation).

Ce qui frappe, c’est la manière dont Belson refuse la distance. Il ne regarde pas le quartier : il y retourne. Il ne l’observe pas : il l’habite. Il ne l’analyse pas : il le traverse. Cette immersion donne au texte une densité rare, une vérité qui ne s’explique pas par la documentation mais par l’expérience. On sent que chaque odeur, chaque fissure, chaque silence a été vécu avant d’être écrit. Le roman porte cette empreinte : celle d’un auteur qui ne fabrique pas un monde, mais qui revient dans le sien. Ce corps-quartier, Belson le montre dans sa complexité : jamais réduit à la misère, jamais glorifié par la résistance. Il est à la fois lieu de survie et lieu de chute, espace de solidarité et de solitude, territoire d’invention et de répétition. Il respire mal, mais il respire encore. Il souffre, mais il tient. Il menace, mais il protège. Il est ce paradoxe permanent : un lieu où l’on tombe et où l’on se relève, parfois dans le même geste. En donnant au quartier cette dimension organique, Belson renverse la perspective habituelle.

https://editions.hedna.fr/2026/03/

https://www.diasporadz.com/ville-de-jean-de-belson-un-roman-noir-qui-gratte-la-surface-brillante-pour-reveler-la-rouille/

Sources

Belson (Toufik Hedna), Ville de Jean, © Éditions Hedna, 2026, 276 p.