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Brahim Saci

Biographie Brahim saci

Brahim Saci est un écrivain et poète né en 1965 à Tifrit Naït Oumalek, un village kabyle d’Algérie situé au pied de l’Akfadou, sous la protection du saint Sidi M’Hamed Oumalek, un haut lieu de savoir spirituel. La région est profondément enracinée dans les traditions amazighes. Il arrive en France à l’âge de 10 ans et poursuit sa scolarité à Pierrefitte-sur-Seine, à l’école primaire Eugène Varlin, puis au lycée Paul Éluard à Saint-Denis, où il obtient un baccalauréat littéraire avant de s’inscrire à l’Université Paris VIII en langues étrangères appliquées. Très tôt attiré par les arts, il se passionne pour la poésie, la musique et le dessin.

Après une immersion dans la chanson kabyle, notamment dans le style de Slimane Azem, et influencé par Brel, Brassens, Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, Brahim Saci explore également le journalisme et la critique d’art.

Il se distingue par une œuvre prolifique, avec 25 recueils de poésie publiés depuis 2016. Parmi ses ouvrages principaux figurent Fleurs aux épines (2016) et La Chute : Combler l’absence (2017). Ses œuvres récentes incluent Le chant qui délivre (2023), ainsi que plusieurs titres publiés en 2025 : L’écho d’Amélie, Le recueil perdu, La nuit retient l’aube, La muse et l’échanson et L’encre des regrets. Tous ces ouvrages sont enrichis de préfaces signées par des écrivains et intellectuels de renom comme Youcef Zirem, Hamid Salmi, Philippe André, Jean-Pierre Luminet, Didier Aubourg, Jean-Yves Clément, et Paul Ardenne, entre autres.

Ses écrits explorent des thèmes récurrents : l’exil, le temps qui passe, les travers de l’époque, les tourments de l’amour, la nostalgie de la terre natale et la recherche d’un humanisme partagé. Sa poésie mêle influences littéraires françaises et héritage culturel berbère, offrant une voix à la fois intime et universelle. Reconnu dans les cercles littéraires francophones et parmi les lecteurs attachés à la poésie engagée, Brahim Saci contribue activement à faire entendre la poésie contemporaine en France et au-delà.

https://www.brahimsaci.com/

En Juin 2026, il publie deux nouveaux recueils de poésie, Les yeux de Fatiha, préfacé par Martine Chifflot et Requiem pour un chant oublié, préfacé par Andrea Schenillo, spécialiste de Baudelaire.

En juillet 2026, Brahim Saci, également auteur-compositeur, mettra en musique une quarantaine de ses textes, touchants, pleins de lumière et d'espoir, nous offrant une interprétation brillante et fidèle de son univers.

https://www.youtube.com/watch?v=e9SF3n2t2fQ

https://www.youtube.com/watch?v=u6O9kQhxuBI

 

Morceaux choisis

  • Allume ta flamme, La nuit retient l’aube, 2025
  • Les yeux de Fatiha, 2026

Pourquoi j’ai choisi ces textes ?

Allume ta flamme, La nuit retient l’aube, 2025 : Dans La nuit retient l’aube, Brahim Saci entrelace sans artifice la douleur intime et la souffrance universelle. Le deuil d’un amour perdu y côtoie les enfants de Gaza sous les bombes, les brumes de Normandie se mêlent aux échos du chaâbi algérien. Face au vide, celui du cœur abandonné, celui du monde en déroute, le poète n’a d’autre recours que l’écriture. Vider son encrier pour remplir l’absence. Transformer la béance en parole.

Si j’ai choisi « Allume ta flamme » pour représenter ce recueil, c’est parce que ce poème en concentre toute la singularité. D’abord, il incarne la thèse centrale de l’œuvre : face à l’obscurité, le poète ne cède pas au désespoir ; il résiste. « Ce monde que tu cherches à fuir / Où la paix peine à luire / Remplit l’encrier / Quand tu veux crier » : la souffrance n’est pas une fin, elle est une source. Le cri devient vers, la douleur devient encre. Ensuite, ce poème porte une vision de l’humanité qui traverse tout le recueil : « Tu sais que chacun / Peut rendre meilleur le chemin / Tu sais qu’en chacun / Se cache un jardin ». Saci ne condamne pas, il espère. Même quand il dénonce la barbarie du monde, même quand il hurle contre « la bête qui rôde », il garde foi en l’homme, en ce jardin secret que chacun porte en soi. Mais c’est surtout dans les vers centraux que réside la force du poème : « Allume ta flamme quels que soient les vents / Elle réchauffe aussi bien les passants / Que toi qui en est la source ». Voilà, en trois vers, une définition de la poésie elle-même. Le poète se consume pour éclairer les autres, et dans ce geste, il se sauve lui-même. La flamme n’est pas un sacrifice ; elle est un don qui nourrit celui qui donne autant que celui qui reçoit. Enfin, ce poème a une qualité précieuse pour une anthologie : il est autonome. Il ne demande pas au lecteur de connaitre Amélie, les gargotes de Paris ou les falaises d’Étretat. Il parle à tous ceux qui, un jour, ont dû tenir debout dans la tempête. Il transcende le contexte personnel pour atteindre l’universel.

La nuit retient l'aube, oui. Mais le poète veille. Et ce poème en est la preuve lumineuse : tant qu’il y aura des veilleurs pour allumer leur flamme dans l’obscurité, l’aube finira par percer. (DA - Janvier 2026)

Lisez les morceaux choisis

Brahim saci la nuit retient l aubeBrahim saci la nuit retient l aube (56.51 Ko)

 

Les yeux de Fatiha, 2026 : Un vers de huit mots porte tout ce livre. Les yeux de Fatiha, vingt-sixième recueil de Brahim Saci, tient entier dans ce geste manqué : une main jamais demandée, puis un livre entier pour habiter ce qui aurait pu être.

Tout commence près d’une fontaine de Kabylie, Amizèbe. Le poète a huit ou neuf ans, Fatiha vient y remplir son seau, et les deux enfants se parlent avec les yeux, sans un mot. Ce regard aux « yeux noirs olive » traverse ensuite toute une vie. Il devient étoile intérieure, boussole des jours gris à Paris, et le recueil déroule cette métamorphose avec une cohérence remarquable.

Autour de ce regard gravite un atlas. Saci nomme les femmes qu’il a aimées et les situe : Claudine de Bretagne, Lydie de Villedieu-le-Château, Emma de Vänersborg. Chaque prénom ouvre un paysage, chaque paysage garde une empreinte. Et près de la fin, un second poème intitulé « Les yeux de Fatiha » relie tout ce qui précède : les amours d’une vie deviennent les variations d’un thème donné à huit ans, près d’une fontaine.

Sous le chant amoureux court une ligne plus grave : la prière, sous le signe de Rûmi ; la sortie de l’alcool, racontée avec une honnêteté rare ; l’encrier et la plume comme instruments de survie. Et Filou, le chat kabyle, seul corps vivant dans un livre hanté d’absentes.

On sort de cette lecture avec une question qui regarde chacun. Nous avons tous laissé un premier regard derrière nous, quelque part. Ce livre montre ce qu’il devient quand on lui reste fidèle : une lumière intacte, une encre encore vive. (DA - Juillet 2026)

https://www.diasporadz.com/les-yeux-de-fatiha-de-brahim-saci-ou-la-fidelite-dun-regard/

Sources : Brahim Saci, Les yeux de Fatiha, © Éditions du Net, 2026, 130 p.