Biographie 
Née à Marseille en 1943, Christiane Singer est une écrivaine, essayiste et romancière française d’origine juive hongroise et russe-tchèque, dont les parents fuient la persécution et s’installent à Paris en 1935. Elle suit une formation au conservatoire de diction à Marseille et obtient son Doctorat en Lettres Modernes à Aix-en-Provence. En 1965, elle publie son premier roman, Les cahiers d’une hypocrite.
Après son mariage avec le Comte Georg von Thurn-Valsassina, elle s’installe en Autriche, à Rastenberg près de Vienne. Lectrice à Bâle (1968-1970) puis chargée de cours à Fribourg (1970-1974), elle poursuit une quête spirituelle influencée par l’enseignement de Karlfried Dürckheim sur les sagesses orientales.
Son œuvre, centrée sur le rapport au spirituel, lui vaut plusieurs prix : le Prix des libraires pour La mort viennoise (1979), le Prix Albert-Camus pour Histoire d’âme (1989), et le Prix de la langue française (2006) pour Seul ce qui brûle. Elle meurt en 2007, peu après avoir achevé son dernier ouvrage, Derniers fragments d’un long voyage.
Morceaux choisis
- Derniers fragments d’un long voyage, 2007
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Août 2026)
Dans son œuvre posthume publiée en 2007, Derniers fragments d’un long voyage, Christiane Singer offre une méditation puissante sur l’essentiel, destinant à ses lecteurs un legs de lumière et de sens. Lors de ce dernier voyage, elle irradie d’un éclat aux teintes chatoyantes, bleuté, argenté, doré, et transmet des vibrations bienveillantes à ceux qu’elle aime. Elle s’éloigne sans bagage, s’élançant dans un périple dangereux, consciencieuse de l’inéluctable et partagée entre résignation et philosophie face à la mort entourée de blouses blanches. Le temps se resserre, et la destinée prend tout son sens lorsque l’instant compte.
Son écriture nous bouleverse, tout en nous apaisant profondément. Par un témoignage lumineux et poignant, elle offre du réconfort et fait renaitre la joie au cœur des blessures, nourrie par un amour inconditionnel et un gout du partage. Elle prépare ses adieux en livrant à ses proches les clés pour donner un sens à leur vie. Malgré des douleurs tenaces et des souffrances parfois tenues secrètes, elle transmet ses pensées à la postérité avec une douceur rare, gardant le sourire et la joie de vivre jusqu’au dernier souffle. En paix avec elle-même, elle se réconcilie avec le cancer qui la ronge et crée autour d’elle une atmosphère empreinte d’amour et de sérénité.
« Je croyais jusqu’alors que l’amour était reliance, qu’il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin ! Nous n’avons pas même à être reliés : nous sommes à l'intérieur les uns des autres. C'est cela le plus grand vertige... de l’autre côté du pire t’attend l’Amour. Il n'y a en vérité rien à craindre. Oui, c'est la bonne nouvelle que je vous apporte. »
Pour elle, l’amour ne se limite plus à une simple liaison entre des individus ; il devient une résonance invisible, profonde et intime qui nous lie, une présence vibrante qui nous soutient de l’intérieur.
Si seulement son message pouvait transformer le regard que nous portons au monde, nous prendrions conscience de la grande force qui habite chacun de nous : celle qui permet de surmonter les épreuves les plus atroces. Cette force nourricière, régénératrice, porte des noms variés, amour, espoir, foi, mais demeure la même source de ressourcement quand tout semble perdu.
Sources
Christiane Singer, Derniers fragments d’un long voyage, © Albin Michel, 2007, 140 p.