Biographie 
Romancier et poète, Conrad Detrez est né en 1937 à Roclenge-sur-Geer en Wallonie dans la province de Liège et décédé à Paris en 1985. Rien ne semblait devoir conduire le jeune Wallon qu’était Conrad Detrez à devenir un « métis culturel », témoin et acteur des convulsions politiques et intellectuelles du XXIe siècle et à être un des premiers intellectuels à mourir du sida. Né dans un modeste milieu catholique, Detrez entame des études de théologie. Ses contacts avec de jeunes latino-américains l’amènent à s’engager au Brésil, où il découvre à la fois son homosexualité et la révolution. Entré dans la clandestinité, il est arrêté.
Expulsé, il s’installe en Algérie puis en France, où il commence une carrière de journaliste et rédige des essais politiques Pour la libération du Brésil (1970). Il se tourne alors vers la littérature. Son premier roman Ludo (1974) raconte une enfance dans un petit village marqué par la guerre ; c’est l’adolescence et la vie d’internat qui anime Les plumes du coq (1975), sur l’arrière-fond de la « Question royale », qui, dans l’après-guerre, fut en Belgique une quasi guerre civile ; enfin L’herbe à brûler (1978), qui lui valut le prix Renaudot et le révéla au grand public, raconte l’engagement brésilien.
Ces trois livres constituent une « autobiographie hallucinée », valant par son ironie féroce, un allant picaresque et un baroquisme confinant au fantastique. Suivront d’autres romans comme Le Dragueur de Dieu (1980), La Lutte finale (1980) ou La Guerre blanche (1982). On doit aussi à celui qui, devenu citoyen français, fut nommé attaché culturel au Nicaragua, des essais Les Noms de la tribu (1980) et des traductions du brésilien.