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Gabrielle Roy

Biographie  Gabrielle roy

Née en 1909 à Saint-Boniface, dans le Manitoba, d’une famille québécoise, Gabrielle Roy, romancière et nouvelliste est aujourd’hui largement reconnue par la communauté francophone internationale. Ancienne institutrice devenue journaliste, elle devient peu à peu une figure majeure de la littérature québécoise, enrichissant son œuvre d’une trentaine de romans, de contes et de nouvelles.

Son succès éclate en 1945 avec Bonheur d’occasion, portrait des classes populaires montréalaises pendant la Seconde Guerre mondiale ; couronné par le Prix Femina en 1947, ce roman est traduit dans une quinzaine de langues et est considéré comme le premier roman urbain de la littérature québécoise.

D’autres publications suivront : La petite poule d’eau (1950), La montagne secrète (1961), La route d’Altamont (1966) et Ces enfants de ma vie (1977).

Elle décède en 1983 dans la ville de Québec en laissant une œuvre prolifique où elle mêle habilement le romanesque à l’autobiographie, tout en explorant la condition humaine et l’identité, puisant dans la destinée des Franco-Manitobains tout en restant profondément liée au Québec.

Morceaux choisis

  • Ces enfants de ma vie, 1977

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Septembre 2026)

Dans Ces enfants de ma vie, on suit une jeune institutrice canadienne qui raconte son vécu et ses expériences avec des enfants défavorisés au Canada à six parties relatant chacune une histoire pleine de tendresse dans un cadre scolaire. On peut voir comment l’école agit comme vecteur de transformation individuelle et collective au fil des enseignements et des apprentissages alors que des liens de confiance se tissent entre la maitresse et l’élève. Au travers de ces petites nouvelles, Gabrielle Roy va mettre en lumière des valeurs universelles telles que la dignité humaine, l’égalité et l’inclusion, l’empathie et la compassion, l’éducation comme levier d’émancipation, la tolérance et la diversité, la résilience et l’espoir, le respect de l’altérité, la solidarité et l’éthique du soin. Par ailleurs, de façon subtile, elle va aussi interroger la justice sociale et les conditions de vie des plus démunis.

Dans « l’alouette », il est question de Nil, un jeune enfant dont la mère, Ukrainienne, lui a appris des chants de son pays. Un jour, grâce à voix prodigieuse, il impressionne la maitresse qui l’encourage à chanter pour des patients dans un hôpital psychiatrique pour leur mettre un peu de baume au cœur.  En interprétant des chants de son pays, il viendra non seulement leur apporter un peu de consolation et d’espoir mais il rendra hommage à sa mère, Paraskovia Galïa et à l’Ukraine.

« Nil passait d’un chant à l’autre, un triste, un gai. Il chantait sans voir les fous plus qu’il n’avait vu les vieux, la maladie, le chagrin, les tourments du corps et de l’âme. Il chantait le doux pays perdu de sa mère qu’elle lui avait donné à garder, sa prairie, ses arbres, un cavalier s’avançant au loin dans la plaine. Il termina par ce geste de la main dont je ne pouvais me lasser, qui indiquait toujours comme une route heureuse au bout de ce monde, cependant que du talon il frappait le plancher.

Aussitôt, je crus que les malades allaient se jeter sur lui. (.)

Lui qui avait soulagé sans l’avoir reconnue tant de tristesse, il prit peur à la vue du terrible bonheur qu’il avait déchaîné. Ses yeux pleins de frayeur m’appelèrent au secours. Un garde le dégagea doucement de l’étreinte d’une malade qui sanglotait. »

La musique adoucit les mœurs et devient une passerelle entre mémoire et présent. Par une mise en scène intime et sincère, elle va transmettre ce qui ne doit pas s’effacer et fait résonner des vibrations qui rallument l’espoir et la dignité.

Sources

Gabrielle Roy, Ces enfants de ma vie, © Éditions internationales Alain Stanké Ltée, 1977, 212 p.