Biographie 
Né en 1884 à Paris, écrivain prolifique, membre et secrétaire perpétuel de l’Académie française de 1944 à 1946, Georges Duhamel est particulièrement connu pour sa défense de la culture française et deux ouvrages, Vie de Martyrs (1917) Civilisation (1918) qui est récompensé par le Prix Goncourt 1918. Après des études de médecine, il se tourne vers la littérature et commence une carrière en écrivant des poèmes, des essais, des chroniques, des romans On peut citer quelques titres de cette très variée comme Des légendes, des batailles (1907), Les Plaisirs et les jeux (1922), Le Prince Jaffar (1924), La Pierre d’Horeb (1926), Le Voyage à Moscou (1927), Fables de mon jardin (1936), La Musique consolatrice (1944), Souvenirs de la vie du Paradis (1946), Tribulations de l’espérance (1947), Vues sur Rimbaud (1952), Refuges de la lecture (1954) Les Compagnons de l’Apocalypse (1957), Le Complexe de Théophile (1958).
On ne rappellera aussi de ses sagas romanesques comme Vie et aventures de Salavin (1920-1932) La chronique des Pasquier (1933-1945) et ses mémoires Lumières sur ma vie (1944-1953), Travail, ô mon seul repos (1959). En 1966, il s’éteint à Valmondois dans le Val d’Oise.
Morceaux choisis
- Lumières sur ma vie, Tome II, Biographie de mes fantômes, 1901-1906
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Août 2025)
A travers ses mémoires, Georges Duhamel nous livre quelques leçons de vie en nous racontant ses souvenirs et son expérience. Dans le tome II intitulé Biographie de mes fantômes, il raconte ses amitiés, son enfance, ses apprentissages, son penchant pour le travail et la solitude. Il évoque le rôle des grands maîtres qui l’ont inspiré et cite V. Hugo en disant : « J’imagine que, pendant les dix-huit années de son exil, Hugo, malgré l’habitude qu’il avait naturellement de tutoyer l’infini, s’est détourné de la fenêtre pour composer ses belles œuvres, pour retrouver en soi une image de l’infini, la féconde image intérieure de l’infini. » On ressent l’amitié qu’il a pour Charles Vildrac dans le vibrant hommage qu’il lui rend : « il fut un ami délicieux, riche d’invention jaillissante, d’une gaîté colorée de tendresse, avec d’ailleurs toutes les ombres et les soudaines tristesses qui donnent à la gaîté son éclat le plus touchant. (.) Vildrac, lui, nous apportait un véhément désir d’affranchissement, de vie heureuse et harmonieuse, de grâce poétique, d’aventure, de délivrance et de salut par l’art, par la beauté. »
L’écrivain attire également l’attention sur l’importance de reposer le corps et l’esprit : « Il est possible que la détente absolue de l’organisme, que le silence musculaire et glandulaire soit, au contraire, favorable à la méditation contemplative ». Et préconise que de longues méditations préparent les voies à l’écriture. Pour lui, le travail, source de joie et de peines, a un véritable « pouvoir d'assouvissement »: « Ce travail, à la seule pensée duquel je frissonne et entre en fièvre, ce travail que je sollicite et que je fuis, que j’implore et que je redoute, qui est mon tourment et mon plaisir, qui est ma raison d’être et que je trahis sans cesse, que j’adore et que j’exècre, ce travail me procure, dès qu’il est accompli, une sorte de contentement qui est, dans l’intensité, en raison de sa vertu créatrice. »
Les années passent nous conduisant vers la vieillesse, la perte de nos moyens et pour beaucoup vers l’isolement. Des besognes fatigantes usent les hommes « fibre par fibre ». Epuisé par des tâches ingrates, certains voient la vie s’éteindre, sans sève, réduits à une faible flamme vacillante. Avec Georges Duhamel, on pourrait trouver une certaine sérénité « au seuil de la vieillesse, entonner un hymne à la reconnaissance, chaude gratitude, élan de reconnaissance, pensée de gratitude, un voyage rempli de tendre mélancolie, de douce nostalgie. »
Sources
Georges Duhamel, Lumières sur ma vie, Tome II, Biographie de mes fantômes, 1901-1906, Éd. Paul Hartmann, 1947.