Biographie 
Née en 1980 à Colombes, Laure Barachin est une autrice installée en Tarn‑et‑Garonne. Titulaire du CAPES de Lettres modernes depuis 2002, elle a mis sa carrière d’enseignante au service de l’écriture. Son œuvre, composée de sept romans, se distingue par un style lyrique et lucide, ancré dans un réalisme social et politique exigeant.
Elle explore des thématiques mémorielles et sociétales fortes : la Seconde Guerre mondiale, la ségrégation aux États‑Unis, la quête des origines, la condition féminine et les violences faites aux enfants. Ses récits — de Un été en terre catalane (2016) à Les Enfants du mal (2021) — dessinent des figures de femmes qui affrontent le destin, tout en portant une réflexion philosophique sur le mal, nourrie notamment par Hannah Arendt.
Son dernier ouvrage, L’été où Mylena a disparu (2024), salué par Le Monde du Polar comme l’œuvre d’une autrice émergente, déploie une intrigue où se croisent enjeux contemporains et mémoire historique.
Parallèlement, Laure Barachin poursuit une œuvre poétique engagée. Membre des « Poètes de l’Amitié – Poètes sans frontières », elle a été publiée dans Florilège et intégrée à l’anthologie Le Poète et sa Muse (2026).
Plus qu’une romancière, elle transmet le goût de la littérature et de la réflexion critique, faisant de ses livres des espaces de lumière où se dévoilent les zones d’ombre du silence social.
Morceaux choisis
- L’été où Mylena a disparu, 2024
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (BS - Juillet 2026)
L’été où Mylena a disparu : échos du passé, les racines du silence. L’été où Mylena a disparu de Laure Barachin est un roman où se mêlent mémoire, littérature, guerre et amitié. L’ouvrage explore la disparition de deux jeunes filles à vingt‑quatre ans d’intervalle, Mylena en 1998 et Maryna en 2022, en tissant un lien entre passé et présent. Stéphanie, magistrate passionnée de littérature, associe Mylena à La Chute de Camus, dont elle relit la dernière phrase :
« Ô jeune fille, que ne t’ai‑je retenue quand il était encore temps… ».
Ce texte, qui avait marqué leur jeunesse, devient un miroir de sa propre culpabilité et de ses souvenirs.
Le roman est aussi l’histoire d’Olena, professeure d’Histoire à Kiev, réfugiée à Montauban après l’invasion russe. Elle y cherche sa fille Maryna et trouve refuge chez Marianne. Avec Stéphanie et Katia, une scénariste franco‑russe devenue hôtesse de caisse, elles fondent un cercle de lecture : « Les Amoureux de la littérature ». Leur conviction commune est résumée par une phrase centrale : « Il est capital de parvenir à trouver les mots […] parce que, quand on ne les a plus, ne demeure que la violence. »
La littérature devient un pont entre les cultures, un espace où les femmes tentent de comprendre le monde et de survivre à leurs blessures. Olena confie : « Les sentiments sont incontrôlables… Pour le meilleur… et pour le pire… », révélant la fragilité des liens humains.
Le roman interroge la fonction de l’art : « Seul l’art a le pouvoir de transfigurer la réalité, de la magnifier, de la rendre poétique. » Il questionne aussi la guerre, sa brutalité et son absurdité : « La guerre abolit toute nuance, ne laisse place qu’à la haine…» Isabel, religieuse espagnole, raconte la béatification des carmélites de Guadalajara en 1987 et son engagement pour la paix, rappelant que le hasard de la naissance décide parfois de la survie.
Les paysages jouent un rôle essentiel : le phare de Ploumanac’h, « une lumière dans l’obscurité », ou celui de Port‑la‑Nouvelle, que Mylena contemplait en rêvant d’écrire des poèmes. Ces lieux deviennent des repères symboliques, des phares guidant les personnages dans leurs tempêtes intérieures.
La littérature sert aussi de médiation politique. Katia cite Camus après Hiroshima : « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie… », rappelant que la paix est « le seul combat qui vaille d’être mené ». Le groupe de lecture devient un espace où les femmes cherchent des solutions dans les livres : Vie et Destin, Guerre et Paix, Camus.
Enfin, Stéphanie retrouve le désir d’écrire : « Elle voyait juste Mylena revivre sous sa plume. » Le roman devient ainsi une méditation sur la mémoire, la transmission, l’amitié et la puissance salvatrice des mots.
https://www.diasporadz.com/lete-ou-mylena-a-disparu-de-laure-barachin-echos-du-passe-les-racines-du-silence/?
Sources
Laure Barachin, L’été où Mylena a disparu, © Laure Barachin, 2024, 466 p.