Biographie 
Malcolm de Chazal, né en 1902 dans la ville de Vacoas, est artiste et poète dont la vie est marquée par une quête mystique et personnelle. À 16 ans, il accompagne son frère en Louisiane pour étudier les techniques de l’industrie sucrière, après un long périple à travers l’Asie et le Pacifique. Ce voyage, parsemé de découvertes géographiques et culturelles, le conduit finalement à Bâton-Rouge après avoir traversé des paysages variés. De retour à Maurice en 1925 après des études en agronomie, Chazal travaille dans l’industrie sucrière avant de devenir fonctionnaire des télécommunications en 1937.
Sa carrière littéraire débute avec des ouvrages d’économie politique, évoluant vers des écrits philosophiques et de poésie, dont Sens-plastique, publié en 1948. Bien qu'il ait été en premier lieu salué par les surréalistes, il refuse d'être catalogué comme tel.
Artiste aux multiples talents, Chazal s’éteint en 1981 laissant derrière lui une œuvre riche et complexe, reflet de son esprit provocateur et de sa vision mystique du monde.
Morceaux choisis
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Février 2026)
Ce texte est issu de Demi-confidences, un petit ouvrage qui rassemble de précieux écrits de Malcolm de Chazal. Publiées récemment, ses pensées présentent un intérêt particulier pour mieux comprendre son cheminement créatif en tant qu’écrivain. Dans un extrait du chapitre XIV, Malcolm de Chazal explore la symbolique du mouvement, tant extérieur qu’intérieur, en soulignant que la véritable marche se fait en soi-même, reflet d’un voyage intérieur essentiel à l’existence.
« MARCHEZ au sein de la forêt. Vous croyez marcher dans la forêt. Mais vous marchez en même temps en vous-même. Nos mouvements sont coordonnés en nous-mêmes et en dehors de nous.
C’est la raison pour laquelle j’ai écrit Sens Plastique en marchant.
Tandis que Petrusmok je l’ai fait assis.
Pourquoi je l’ai fait ? Parce que je revivais ma vision de la journée.
L’oiseau en vol vit son vol. Sur la branche, il le raconte.
On a dit que la mort est un voyage en place. Non. Le corps intérieur ici se déplace.
L’homme n’est lui-même que par son déplacement. Les baisers qui se suivent hors du temps, c’est ça l’amour.
L’ÂME AINSI EST MOUVEMENT ; DIEU SE DÉPLACE ÉTERNELLEMENT. (.)
Sans ce voyage intérieur, que serait la vie ?... »
Il insiste sur le fait que l’âme et Dieu sont en perpétuel déplacement, incarnant une dynamique infinie. La métaphore de l’oiseau en vol ou du corps intérieur en mouvement illustre cette idée d’une vie constamment en évolution. Il oppose la vision vision statique de la mort à l’idée que notre vitalité réside dans notre capacité à voyager en nous-mêmes. Selon lui, l’amour comme un baiser hors du temps, vient renforcer la notion que la vie se déploie dans le mouvement et la continuité. L’âme, le divin et l’amour se déploient dans une dynamique infinie. On retrouve ici quelques-uns des thèmes qui caractérisent l’œuvre de Malcolm de Chazal dans sa quête spirituelle et la recherche de l’éternité à travers le voyage intérieur.
Sources
Malcolm de Chazal, Demi-confidences, (oeuvre posthume) Paris, © Éditions Allia, 2024, 74 p.