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Marcel Pagnol

Biographie Marcel pagnol

Marcel Pagnol, né en 1895 à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône, est un écrivain, dramaturge, cinéaste et producteur de renom. Il se fait connaitre avec sa pièce Topaze, créée en 1927. Marcel Pagnol y dénonce non seulement la corruption et le cynisme de la classe politique locale, mais la cupidité et les enseignants. Il fonde en 1934 sa propre société de production à Marseille, réalisant plusieurs films emblématiques, notamment Angèle, Regain et La Femme du boulanger.

En 1946, il est élu à l’Académie française, mais après 1956, il se retire progressivement du cinéma et du théâtre pour se consacrer à l’écriture de ses Souvenirs d’enfance, dont La Gloire de mon père et Le Château de ma mère. En 1962, parait son roman L’Eau des collines, qui comprend Jean de Florette et Manon des Sources, inspiré de son film Manon des sources réalisé une décennie plus tôt. Il décède d’un cancer en 1974 à Paris.

Morceaux choisis

  • Le château de ma mère, 1957

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Octobre 2025)

Dans ce récit autobiographique, qui fait suite à La gloire de mon père, Marcel Pagnol mêle ses souvenirs d’enfance à ses propres réflexions sur la vie dans un beau tableau de sa Provence natale. Il raconte avec  sincérité ses escapades avec son frère Paul, à la poursuite des oiseaux, des cigales et des sauterelles au cœur d’une nature foisonnante, dans la campagne et au cours des vacances scolaires. Le château de ma mère, c’est aussi l’histoire d’une tendre complicité avec sa mère et d’un dur apprentissage de la vie au moment de la mort prématurée de celle-ci à son adolescence. Tirant une première leçon sur le cycle du temps, en contraste avec  la joyeuse narration de son enfance, c’est avec sobriété, pudeur et respect qu’il décrit enterrement de sa mère, et la perte de son jeune frère. Un moment poignant :

« Le temps passe, et il fait tourner la roue de la vie comme l’eau celle des moulins.

Cinq ans plus tard, je marchais derrière une voiture noire, dont les roues étaient si hautes que je voyais les sabots des chevaux. J’étais vêtu de noir, et la main du petit Paul serrait la mienne de toutes ses forces. On emportait notre mère pour toujours.

De cette terrible journée, je n’ai pas d’autres souvenirs, comme si mes quinze ans avaient refusé d’admettre la force d’un chagrin qui pouvait me tuer. Pendant des années, jusqu’à l’âge d’homme, nous n’avons jamais eu le courage de parler d’elle. (.)

Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins.

Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants. »

Marcel Pagnol nous parait ici comme un homme sensible, attachant et inspirant qui a su dépasser un deuil très lourd. Il a transformé son chagrin en nous léguant une œuvre admirable, en particulier, les récits de sa vie dont on peut relire des extraits à tout âge avec grand plaisir.

Sources

Marcel Pagnol, Le château de ma mère, © Éditions livre de poche, 1965 (1e éd. 1957).