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Marcel Vicaire

Biographie

Né en 1893 et ayant traversé la première guerre mondiale, où il a été mobilisé dans l’aviation naissante, il est parti au Maroc en 1921. Formé en tant qu’artiste peintre aux Beaux-arts de Paris, il est immédiatement séduit par la beauté du pays. Après ce premier voyage, il retourne au Maghreb deux ans plus tard. Repéré par Lyautey, il est nommé en 1924 Inspecteur des Beaux-arts et des monuments historiques. Il ne cessera plus de s’intéresser aux arts marocains traditionnels. Il s’attachera à organiser les activités artisanales par la création de coopératives et le recensement des produits d’artisanat et des œuvres d’art. Il mènera ce travail tout en multipliant les toiles et les croquis qui ont traversé les années.

Faisant partie de l’équipe du Maréchal, il continuera avec la même passion son travail après le départ de ce dernier en 1925. Avec l’indépendance, il rentrera en France en 1956, non sans avoir créé en 1932 la Société des amis de Fez qui continuera ses activités jusqu’à la fin de son séjour. Sa retraite lui permettra de se consacrer davantage à ses pinceaux et aux liens qu’il entretiendra jusqu’à sa mort avec les sociétés savantes.

Morceaux choisis

  • Souvenirs du Maroc, Marcel Vicaire. Un peintre dans le sillage de Lyautey, 2012

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (HJ - Septembre 2026)

L’anecdote du maréchal Lyautey piétinant de rage son képi, parce que, contrairement à ses instructions, un commerçant juif de Marrakech avait défiguré par une construction hideuse la place Jamaa el Fna est connue. Elle prend ici toute sa saveur car elle est le fait d’un témoin oculaire et d’un collaborateur direct du maréchal. Et pas n’importe lequel, puisqu’il a rempli des fonctions culturelles et administratives importantes avec le souci constant de vivifier toutes les composantes de l’artisanat du Maroc. Marcel Vicaire n’était évidemment pas seul, il militait au sein d’une équipe pluridisciplinaire animée par la vision et l’intelligence de Lyautey. Le Maroc d’aujourd’hui peut se réjouir d’avoir tellement charmé nos compatriotes, au sens magique du terme, que 92 ans après la mort du maréchal, ce qu’on fait les Français qui l’accompagnaient est demeuré comme une incomparable richesse dont les touristes contemporains admirent les réalisations. Disons simplement, à titre d’exemple, que Marcel Vicaire a logé à plusieurs reprises chez Jacques Majorelle lorsqu’il venait à Marrakech. Malgré les vicissitudes de ce jardin méprisé par les gens du consulat qui l’ont laissé partir aux mains d’étrangers, et sauvagement saucissonné par Bernard Tapie, et en dépit de l’odeur des calèches qui stationnent devant, il est une preuve de notre attachement pour ce pays et pour son peuple, ainsi que pour ses grands serviteurs.

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