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Marie Desplechin

Biographie Marie desplechin

Marie Desplechin, journaliste, écrivaine et scénariste reconnue pour ses œuvres destinées aussi bien aux enfants qu’aux adultes, est née dans la ville de Roubaix en 1959. Après une formation en journalisme et un passage par la communication, elle publie ses premiers livres dans les années 1990 et rencontre rapidement le succès. Des titres comme la trilogie Verte, Pome et Mauve ainsi que Sans moi ou Trop sensibles lui permettent de toucher un large public. Elle collabore avec Lydie Violet pour La Vie sauve, récompensé par le Prix Médicis essai en 2005.

Son œuvre est régulièrement primée et adaptée, notamment Danbé, coécrit avec Aya Cissoko et récompensé par le Grand prix de l’héroïne Madame Figaro 2011. En 2013, son ouvrage jeunesse Babyfaces obtient le Prix Bernard Versele et, en 2016, sa série jeunesse Le Journal d’Aurore sera adaptée au cinéma.

En 2020, l’ensemble de son œuvre pour la jeunesse est récompensé par le Prix de la Grande Ourse au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.

Morceaux choisis

  • Le sac à main, 2004
  • La galerie de Psyché, 2009

Pourquoi j’ai choisi ces textes ? (PN - Février 2026)

Ces deux ouvrages reflètent bien le tempérament de l’autrice avec laquelle j’ai le privilège de collaborer depuis une quinzaine d'années, lors de rencontres destinées à un public scolaire, lequel apprécie vivement sa collection dédiée à la jeunesse. Ils nous rappellent sa personnalité douce et authentique. Au fil de la lecture, se devine son sourire éclatant ainsi que sa sincérité. Par un style épuré, où aucun détail n’échappe à son regard attentif, révélant sa sensibilité et sa nature chaleureuse, elle parvient à nous émouvoir, que ce soit en évoquant la vie intime de Dorothée à travers les objets de son sac à main, chargés de souvenirs, ou en faisant revivre les péripéties de Psyché dans son amour pour Éros.

Ce qui peut sembler banal ne l’est pas vraiment pour Marie Desplechin. Tout a un sens. Dans Le sac à main, elle aborde la fragilité des relations humaines, la recherche de la liberté, nous fait réfléchir sur la beauté fugace de la vie. Son personnage principal, Dorothée, nous emmène avec elle dans une sorte d’errance avec la narration des différents objets de son sac à main, et de temps à autre, à l’instar du Petit Prince de Saint-Exupéry le récit, enrichi d’illustrations particulièrement raffinées et sobres d’Eric Lambé, prend une tournure philosophique :

« Que je perde un objet ou qu’il me soit volé, je n’en ressens pas de désolation. Je crains l’évanouissement des êtres. (.)

Cette pierre dans mon sac (.) Est-il l’œuvre plus récente d’un animal marin, un gastéropode sans conscience assez obstiné pour trouer une pierre de cette densité ? Dans un cas comme dans l’autre, je transporte avec moi un presque-être énigmatique, une source confuse et continue d’émerveillement. (.)

L’agenda (.) Il m’arrive que je biffe les pages blanches pour être sûr qu’aucune obligation importune ne viendra s’y glisser. Et rien ne me fâche plus que de devoir empiéter sur le temps que je me laisse. (.)

Je suis très sensible aux rencontres. Si je devais croire en quelque chose, ce serait dans une conception plus planétaire de la mondanité. »

Dans La galerie de Psyché, un ouvrage qui valorise de façon sublime l’association de l’art à la littérature, Marie Desplechin redonne vie aux âmes d’Éros et de Psyché en commentant les quarante-quatre vitraux au château de Chantilly, commandés par Anne de Montmorency en 1542. Ce chef-d’œuvre réalisé d’après un extrait du roman d’Apulée, Les métamorphoses (L’Âne d’Or) raconte l’histoire captivante de Cupidon qui tombe amoureux d’une mortelle. Marie Desplechin retranscrit le texte de chaque vitrail, dévoile les détails, fait parler chaque ligne de plomb des vitraux. C’est un véritable hymne à l’art du vitrail, à la mythologie, au triomphe de l’amour, même interdit…

Dans le dix-huitième vitrail, après avoir découvert son époux à la lueur d’une lampe, Psyché est décontenancée par sa fuite.

Dans les deux vitraux suivants, les légendes racontent la détresse de la jeune femme qui trouve un peu de réconfort lors de sa rencontre avec Pan, dans une scène, pleine de tendresse :

« 19 : Psyché s’obstine à suivre son époux, avant de se laisser glisser à terre, une main sur la tête en signe de deuil et de supplication, l’autre tendue vers Amour qui s’éloigne. Derrière elle, l’arbre mort, symbole de punition, s’oppose à la vitalité de l’arbre vers lequel se dirige Amour. À l’arrière-plan, Psyché tente de se tuer en se jetant dans le fleuve.

20. Psyché rencontre Pan, le dieu pasteur, et reçoit les conseils bienveillants de cet être cornu aux pattes fourchues. »

Avec la valorisation de la galerie de Psyché, Marie Desplechin partage une partie de son âme d’écrivaine sensible à la beauté éphémère de chaque instant, tout en révélant celle des divinités, immortalisée par l’art. Pour ceux qui ont eu la chance d’admirer ces vitraux au château de Chantilly, le ravissement se prolonge avec ce précieux ouvrage d’art, qui invite à revisiter l’Antiquité à la lumière de nouvelles influences, évoquées par l’autrice à travers la mention d’Albrecht Dürer, Pieter Bruegel et Le Primatice.

Sources

Marie Desplechin, Le sac à main, © Éditions de l'Estuaire, 2004.

Marie Desplechin, La galerie de Psyché, © Éditions Nicolas Chaudun, 2009.