Biographie 
Née en 1958 à Port-Gentil au Gabon, son acte de naissance est un document de l’Afrique Equatoriale Française. Issue d’un mariage entre la fille d’un médecin militaire colonial et d’un aventurier aux origines franco-indiennes (ancien comptoir français de Pondichéry), elle porte en elle trois continents. Une fois le baccalauréat en poche, elle n’a de cesse de voyager et de parcourir le monde sur terre et sur mer pour en admirer la beauté.
Le recours aux petits boulots lui permet de vivre une jeunesse bohème, elle repart dès qu’elle en a les moyens. Parfois l’envie d’écrire la prend, quelques notes et réflexions, malheureusement pas de quoi constituer de réels matériaux à exploiter, seulement des idées et des histoires. Depuis l’enfance, elle dévore toutes sortes de livres, ce sont ses compagnons de route, ils l’aident à tout traverser.
À trente ans, elle a rejoint la conformité sociale, études et travail à Paris. Au bout de longues années d’un parcours linéaire qui l’a amené à vivre en Provence, la démangeaison d’écrire a surgi, lui offrant une belle échappée.
Écrire pour comprendre, décortiquer une envie de pleurer ou de crier, une douleur. Raconter ce qui l’interroge, l’émeut, l’effraie, la choque ou la fascine. Après quelques années de pratique dans un atelier d’écriture et un premier essai de roman, la passion a grandi. Sortir l’extraordinaire de l’ordinaire, voguer parmi les âmes humaines, les habiter, pour le plaisir de s’y noyer et de se sentir vivant.
Apeurée par l’irruption de l’Intelligence Artificielle, elle publie un roman Ecoute ton silence, (2021), où elle s’insurge contre les « Smart Cities » du futur, contrôlées par l’IA. Excédée par le patriarcat, ses injustices et la folie des hommes, elle écrit Un homme parfait (2022), un recueil de nouvelles sur ce thème. Enfin, dégoûtée par la façon dont l’homme traite la nature et ses ressources, elle livre bataille contre notre société irrespectueuse de son environnement dans Des nouvelles d’Eau (2025) l’a décidée à livrer. L’écriture est une révolte silencieuse.
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Morceaux choisis
- Prologue « Les uns / les autres », Des nouvelles d’Eau, 2025
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (DA - Février 2026)
Ce prologue m’a saisi dès la première lecture par sa puissance de parabole. En quelques paragraphes, Michèle Hocquet condense l’histoire de l’humanité face à l’eau, et, à travers elle, face à la vie même. La construction en miroir, cette alternance lancinante entre « les uns » et « les autres », produit un effet d’une redoutable efficacité littéraire : elle installe un rythme incantatoire, presque biblique, qui élève le propos bien au-delà du simple constat écologique.
On remarquera que le texte ne désigne jamais de coupable par son nom. Les uns et les autres ne sont ni des peuples, ni des nations, ni des époques : ce sont deux rapports au monde, deux postures face au vivant. L’autrice oppose avec une clarté implacable la logique de domination et d’extraction à celle de la gratitude et du lien. D’un côté l’argent et le pouvoir, de l’autre la relation avec l’univers. Cette symétrie n’est jamais manichéenne pour autant, car la catastrophe frappe les deux camps sans distinction : « Du côté des uns, les pluies, l’air devinrent rares […]. Du côté des autres, les pluies, l’air devinrent rares ». La répétition à l’identique de cette phrase est un coup de maître : la crise écologique n’épargne personne.
C’est pourtant dans la réponse à la catastrophe que tout se joue. Chez les uns, l’eau devient marchandise et « beaucoup mouraient » ; chez les autres, elle est partagée et « beaucoup vivaient ». La différence tient tout entière dans un geste : le partage. Puis vient l’épisode de l’espion, qui annonce et préfigure la dernière nouvelle du recueil, « L’Or bleu », où Mordoria envoie Boris infiltrer Korovia. Le prologue fonctionne ainsi comme une clé de lecture de l’œuvre entière.
La chute, d’une sècheresse terrible, « Après quelques mois de combat, les uns et les autres disparurent », est une phrase qui hante. Elle ne laisse aucune consolation, aucune issue héroïque. Elle dit simplement que la guerre pour l’eau est une guerre sans vainqueur. Ce prologue est une fable pour notre temps, écrite dans une langue d’une sobriété magistrale, et c’est précisément cette sobriété qui lui confère sa force universelle.
Lisez les morceaux choisis
Miche le hocquet des nouvelles d eau (60.8 Ko)