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Postface

 

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Le 24 décembre 2025 n’est pas un mauvais jour pour conclure la première phase d’une année complète de rédaction de notre Anthologie de la littérature francophone. Qu’il soit permis à un quasi-nonanégaire d’en rappeler le sens. Et de féliciter ses principaux artisans, Madame Pravina Nallatamby, M. Abdelouahab Ayadi et M. Zaki Coussa.

Au moment où notre planète est déchirée par des factions qui excluent les uns ou les autres sous divers prétextes fantasmés comme la couleur de la peau ou des yeux, les parfums de la cuisine ou la forme des vêtements, le signataire de ces lignes ne craint pas de se déclarer « vieil africain ». Pas vraiment africain par le sol, car il n’a mis les pieds sur ce continent que de façon relativement brève en Guinée et dans les trois pays du Maghreb. Pas vraiment africain par le sang non plus, bien que ses lointains ancêtres sont indiscutablement venus d’Afrique, quitte à changer de couleur de peau en cours de route. D’ailleurs, les guerres que les humains se livrent depuis des millénaires montrent au moins que c’est le même sang rouge qui coule des blessures infligées, celui que nous avons tous en commun. Alors pourquoi ne pas revendiquer qu’on peut être aussi africain par le cœur ? La falaise de Bandiagara est peut-être aussi mienne que la Tour Eiffel. Je garantis qu’il n’y a pas la minceur d’une feuille de lotus, de baobab ou de cacaoyer pour séparer un paysan d’Auvergne de ses alter ego soussous de la Basse Côte de Guinée ou des arabo-berbères des pentes de l’Ouarsenis algérien.

En rédigeant les fragments de cette anthologie, nous avons voulu non seulement faire une place aux pays francophones qui sont la raison d’être de notre travail, mais affirmer ce que nous croyons être l’essence même de la France, la foi en l’universalité de la société humaine. Et ceci est valable aussi pour le reste du monde, du détroit de Behring au détroit de Lemaire, ou d’Angkor au Machu Pichu. Au travers de la diversité des langues et des cultures, l’humanité ne saurait être fractionnée. Elle est une, malgré ses vicissitudes et chacun doit pouvoir trouver sa place, son bonheur ou ses préférences dans les textes qu’il découvrira.

L’avantage de notre procédure collaborative est qu’elle reste ouverte à tous ceux qui voudront enrichir notre corpus et donner plus d’écho à notre tentative. Que tous ceux qui voudront faire l’expérience soient donc, à l’avance, remerciés.

 

Hubert JOLY

Président du Conseil international de la langue française

Paris, le 24 décembre 2025