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Robert SURAKI WATUM

Biographie Robert suraki watum

Robert Suraki Watum est poète, dramaturge et écrivain. Il est né en 1959 à Aba, en République démocratique du Congo. Originaire du Congo et de nationalité allemande, il est expert-comptable de formation. Installé à Edmonton, il occupe actuellement le poste de directeur général adjoint de l’Alliance Jeunesse-Famille de l’Alberta Society (AJFAS).

Engagé dans le développement des arts et de la francophonie, il a siégé au conseil d’administration de l’UniThéâtre et du Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA). Il est également membre de la Communauté de pratique intentionnelle en matière d’équité, de justice sociale et de francophonie de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA).

Auteur de plusieurs poèmes, il a vu son texte « Monde sans visage » être sélectionné par la Guilde de poésie de France et publié dans l’anthologie Symphonies de l’âme (1998)aux États-Unis. Dramaturge reconnu, il a écrit plusieurs pièces de théâtre, dont Ces plaisirs impurs, lauréate du Premier Prix de dramaturgie de la Fédération nationale du théâtre du Congo, ainsi que Qui est coupable, Refuge et Passeport, présentées par l’UniThéâtre d’Edmonton.

Il est également l’auteur des ouvrages Une vie et un destin de Florence Bandu Emeneya (2019) et Sur les traces du passé (2021), et a contribué à l’anthologie Forces vives du RAFA en 2023.

Parmi ses distinctions figurent le Diplôme d’honneur de l’Union des Écrivains du Congo, le Prix Grand Espoir de la Radio nationale congolaise, le Prix Roger-Motut – Histoire et littérature 2022, le Prix spécial AFB Awards ainsi que l’Alberta Newcomer Recognition Award du gouvernement de l’Alberta en 2023. Il a également participé à plusieurs jurys et comités de sélection dans les domaines des arts, de la littérature et de la francophonie canadienne.

Morceaux choisis

  • Sur les traces du pas, 2021

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (AP - Septembre 2026)

J’ai choisi des fragments du chapitre Partir, oui partir !, extrait du roman Sur les traces du passé (2021), parce qu’il traduit avec une grande sensibilité l’un des moments les plus bouleversants de toute trajectoire migratoire : celui du départ. En quelques pages, Robert Suraki Watum parvient à faire ressentir toute la douleur d’un homme qui quitte son pays, sa famille et une partie de lui-même, sans savoir ce que l’avenir lui réserve. Cette scène dépasse le simple récit autobiographique pour rejoindre une expérience profondément universelle.

Ce qui m’a particulièrement touchée est le contraste constant entre l’intimité des adieux et la violence du contexte politique. Tandis que le narrateur échange ses derniers regards avec son épouse et ses enfants, la peur des barrages militaires, l’insécurité et le climat de crise rappellent que partir n’est jamais un geste anodin. L’auteur réussit à montrer que l’exil est rarement un simple choix : il est souvent le résultat d'un enchevêtrement de circonstances personnelles, sociales et historiques.

J’ai également été sensible à la place accordée à la mémoire. Dès son arrivée en Belgique, le voyage physique devient un voyage intérieur. Les souvenirs de l’enfance, l’histoire coloniale entre le Congo et la Belgique, ainsi que les interrogations sur l’identité viennent enrichir le récit et donnent au lecteur matière à réfléchir sur les liens complexes entre passé et présent. Le regard que porte le narrateur sur le pays du colonisateur est empreint à la fois de lucidité, d'émotion et d'une remarquable profondeur historique.

J’ai choisi cet extrait parce qu’il témoigne avec justesse de ce que vivent de nombreuses personnes contraintes de reconstruire leur existence ailleurs. Au-delà du départ géographique, il raconte la difficulté de quitter un monde sans renoncer à ce qui nous constitue. Ce texte nous rappelle que l’exil ne commence pas à l'arrivée dans un nouveau pays, mais bien au moment où l’on ferme une porte derrière soi, avec l’espoir qu’une autre finira par s’ouvrir.

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