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Tahar Djaout

Biographie Tahar djaout

Poète, romancier et journaliste algérien d’expression française, Tahar Djaout est né le 11 janvier 1953 à Oulkhou, en Kabylie. Jusqu’en 1964, il a fréquenté l’école primaire d’Azeffoun, puis le collège, le lycée et l’université à Alger où il a obtenu en 1974 une licence de mathématiques. De 1985 à 1987, il a poursuivi à Paris ses études en sciences de l’information.

Victime d’un attentat le 26 mai 1993, devant son domicile à Baïnem, dans la banlieue ouest d’Alger, il a succombé à ses blessures le 2 juin 1993.

En tant que journaliste, Tahar Djaout a écrit durant les années 70 des chroniques dans le quotidien national El Moudjahid. Responsable de 1980 à 1984 de la rubrique culturelle de l’hebdomadaire Algérie-Actualités, il a publié de nombreux articles sur les sculpteurs, les peintres et les écrivains algériens de langue française.

Le 16 janvier 1993 est sorti le premier numéro de son propre hebdomadaire Ruptures, journal qui n’a pas survécu à la mort de son fondateur.

Son œuvre littéraire comprend des recueils de poèmes, des romans souvent traduits en plusieurs langues, un recueil de nouvelles et des essais. Son écriture intense, polyphonique parfois comme dans L’invention du désert (1987), traduit son engagement contre l’aliénation, l’autoritarisme et l’intégrisme.

Son roman Les Vigiles, prix Méditerranée 1991, a fait l’objet en 2004 d’une adaptation cinématographie, une co-production belge et algérienne, sous le titre « Les Suspects ». En 2011, un prix littéraire portant son nom a été créé en Algérie pour honorer sa mémoire.

Morceaux choisis

  • Les Chercheurs d’os, 1984

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (IT - Octobre 2026)

Dans ce roman initiatique, prix de la Fondation Del Duca 1984, le narrateur, qui n’est jamais nommé, est un adolescent de quatorze ans. Au lendemain de l’Indépendance de l’Algérie, accompagné de Rabah Ouali, un lointain parent, il quitte son village pour se rendre au Sud du pays, à la recherche des os de son frère, martyr de la Guerre de Libération.

C’est l’occasion pour l’adolescent de revivre des moments partagés avec son frère aîné, de le revoir assis sur une grosse pierre couverte de lichens blancs, en train de rêvasser ou de jouer de la flûte, de l’écouter lui raconter avec émerveillement ses journées d’école, cet espace privilégié dont les parois sont ornées de photos en couleurs qui ouvraient les murs sur le rêve.

Anezrou, Boubras, Bordj es-Sbaâ, telles sont les localités que découvre le narrateur lors de son long périple qui lui révèle des choses étranges et dures sur ses semblables et sur lui-même.

Sources

Tahar Djaout, Les chercheurs d’os, Éditions du Seuil, 1984, 160 p.