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Maïssa Bey

Biographie Mai ssa bey

Née en 1950 dans le village de Ksar el Boukhari à 135 kilomètres au sud d’Alger, Maïssa Bey, pseudonyme de Samia Benameur, est une figure emblématique de la littérature féminine en Algérie. Suite à des études de Lettres modernes à l’Université et à l’École Normale Supérieure d’Alger, elle travaille comme professeur dans un lycée avant d’être conseillère pédagogique à Sidi-Bel-Abbès. Par ailleurs, elle co-fonde l’association culturelle « Paroles et écritures » et anime également des ateliers d’écriture et de lecture.

Dans son œuvre, elle met en lumière la condition féminine. Membre du Parlement des écrivaines francophones, elle encourage les femmes à revendiquer leurs droits et à s'affirmer dans une société patriarcale. Son premier roman, Au commencement était la mer, parait en 1996, suivi de Cette fille-là (2001) qui sera récompensé du Prix Marguerite Audoux. Son œuvre très riche et variée, traduite en plusieurs langues, comprend aussi des nouvelles comme Nouvelles d’Algérie (1998) et Sous le jasmin de la nuit (2004), un recueil de poésie, Sahara, mon amour (2005), des essais et des pièces de théâtre.

En 2008, elle reçoit le Grand Prix du Roman de Langue Française du SILA pour son roman Pierre Sang Papier ou Cendre et quelques années plus tard, en 2011, elle obtient le Prix Maghreb Méditerranée de l’ADELF pour son roman, Puisque mon cœur est mort.

Morceaux choisis

  • Pierre Sang Papier ou Cendre, 2008

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Octobre 2025)

Parce que rendre accessibles certaines vérités historiques, mêmes difficiles à concevoir, est nécessaire pour comprendre leur participation à l’évolution des mentalités et  la construction des nations indépendantes. Dans ce texte légèrement ironique et émouvant, Maïssa Bey explore des thèmes tels que l’identité culturelle et interroge la notion de « civilisation » telle qu’elle était perçue lors de la période coloniale en Algérie, mettant en lumière le contraste entre l’impérialisme représenté par madame Lafrance et l’innocence d’un enfant, témoin des injustices. A travers une voix d’enfant, elle souligne l’opposition entre ses pratiques quotidiennes et les critères de la société française montrant le décalage entre les deux cultures. Cet extrait de Pierre Sang Papier ou Cendre évoque un sujet sensible qui pourrait s’appliquer à d’autres sociétés colonisées, à savoir le conflit d’identité et la question de l’acceptation dans une société coloniale. Concilier les identités plurielles (innées et acquises) et l’aspiration à être reconnu comme un « bon » Français devient souvent un dilemme, comme le reflète le texte. Est-ce qu’il faut alors abandonner toutes ses traditions pour épouser un nouveau savoir-faire ? Trouver le bon équilibre n’est pas toujours facile. Destins brisés, déracinement, pertes d’identité et tragédies historiques s’enchainent. La « civilisation » avec ses avantages et inconvénients, peut couter très cher…

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Mai ssa bey pierre sang papier ou cendreMai ssa bey pierre sang papier ou cendre (64.7 Ko)