Biographie 
Né à Ixelles en 1898, d’origine flamande, Michel de Ghelderode, de son vrai nom Adémar Adolphe Louis Martens, est un écrivain prolifique ayant publié plus de soixante pièces de théâtre, une centaine de contes et de nombreux articles sur l’art et le folklore. Il est également connu pour ses talents d’épistolier.
Avec ses pièces de théâtre expressionnistes, il rompt avec la tradition théâtrale française, supprimant caractères, milieux et intrigues classiques pour faire primer le cheminement du héros sur l’enchaînement de l’action. Parmi ses œuvres dramatiques plutôt tragiques, qui ont fait le tour du monde, on peut citer, entre autres, La mort regarde par la fenêtre (1917-1918), Escurial (1927), Vénus (1927), Barabbas (1928), Mademoiselle Jaïre (1935), La balade du Grand Macabre (1934). Sa dernière pièce de théâtre, Sortie de l’acteur, est jouée, un an après son décès en 1962.
Dans son œuvre particulièrement marquée par le fantastique, il explore les thèmes de la solitude, de la mort, de la laideur et de la cruauté.
Morceaux choisis
- La Mort à cheval, L'homme à la moustache d'or, 1997
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (ML - Août 2025)
Pourquoi avoir retenu un texte qui ne me plait pas ?
Ce texte fut proposé comme dictée des Championnats d’orthographe de Belgique, à Bruxelles, le 20 mars 1999. Chaque année (depuis 1972), les dictées des Championnats sont extraites de la littérature française écrite par des auteurs belges.
À elle seule, cette page représente l’œuvre et l’angoisse torturée et ricaneuse de son auteur. Michel de Ghelderode personnifie le concept de Mort (écrit, à juste titre, avec une majuscule) sous la forme d’une allégorie. Il met en scène la Mort à cheval, la Mort équestre, la Mort cavalière, la faucheuse. Elle manifeste sa force dans un décor de catastrophe et de fin du monde. Elle éclate en images hallucinantes.
Le thème de la mort apparait chez Ghelderode dès 1918, dans La mort regarde par la fenêtre, « drame poësque [sic] en un acte », dans lequel l’archidiacre fait résonner ce rire cruel que l’on entendra dans les pièces ultérieures. Dans Barabbas (1928), sorte de défenseur de la justice sociale, la Mort, plutôt que la Résurrection, triomphe finalement. Mademoiselle Jaïre (1935) traite de la solitude humaine devant la mort. Et dans La balade du Grand Macabre (1939), la Mort en personne, qui « se balade » en Flandre pour faucher tous les vivants, se laisse entrainer à boire et tombe comme … morte.
Cette œuvre féconde de l’entre-deux-guerres (1918-1939) exprime les obsessions et les fantasmes de l’auteur : un univers grimaçant de dérision, où se conjuguent l’horreur, le réalisme sordide et la frénésie jusqu’à l’invraisemblance fantastique. Il rappelle les peintres flamands des XIVe, XVe et XVIe siècles. Ghelderode évoque d’ailleurs la Flandre, une plaine en bordure de la mer du Nord, entre les collines de l’Artois et l’embouchure de l’Escaut.
Lisez les morceaux choisis
Michel de ghelderode la mort a cheval (76.18 Ko)