Biographie 
Théodore Monod, issu d'une famille protestante, est né à Rouen en 1922. Il développe très tôt une passion pour les sciences naturelles, tenant des journaux et créant un journal scientifique à l'âge de 14 ans. Après des études en sciences naturelles, il commence sa carrière au Muséum d'Histoire naturelle et participe à diverses missions océanographiques, se passionnant pour les crustacés et les poissons. Son intérêt pour le désert se manifeste lors de ses expéditions à travers l'Afrique, notamment entre Alger et Dakar, où il devient un spécialiste reconnu du Sahara. Monod allie sa vocation scientifique à une profonde spiritualité, explorant des régions inaccessibles et accumulant des connaissances sur la géologie et la biodiversité désertique.
Au fil des années, Monod s'impose comme un administrateur et un chercheur engagé, fondant l’Institut français d’Afrique noire en 1938. Sa carrière est marquée par un profond respect pour l'Afrique et ses habitants, ainsi qu'une vision pacifiste et écologiste, défiant les préjugés de son époque. Il est particulièrement sensible aux couleurs et aux paysages africains, qu'il décrit avec une poésie évocatrice.
À travers ses réflexions, Monod se révèle comme un homme libre, passionné par la nature et l'humanité, et son amour pour l'Afrique transparaît dans ses écrits, notamment dans une prière touchante pour la bénédiction des êtres vivants du continent.
Il s'éteint à Versailles en 2000.
Morceaux choisis
- Les couleurs de l'Afrique, Mémoires d'un naturaliste voyageur, 1990
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (HJ - Mars 2024)
Il m'a semblé que l'Afrique a été longtemps maltraitée par les Européens et maintenant aussi par certains Africains. Sous couleur, si j'ose dire, de parler des couleurs de l'Afrique, Théodore Monod, sans y toucher, règle quelques comptes mais surtout, on peut considérer le texte qui va suivre comme une ode véritable à l'Afrique, à ses diversités, à ses magies. Il n'est pas indifférent que cet homme de science, devenu le plus grand spécialiste des déserts où l'on croit qu'il n'y a rien à voir, nous révèle au contraire combien les parties les plus arides du continent sont en fait riches de nature et même d'humanité. Profondément pénétré de la pensée protestante qui l'animait et lui faisait emporter sa bible comme livre de chevet dans le désert, profondément antiraciste, pacifiste militant, défenseur engagé de toutes les causes qu'il a crues justes, et qui l'étaient, Théodore Monod a fait preuve durant le long siècle de sa vie d'une inlassable curiosité, d'une volonté à la fois de comprendre et de faire comprendre aux autres la beauté de la nature et la nécessité de la gérer pour les générations futures sans rien perdre ou faire perdre de ses richesses.
Quand on examine le fabuleux itinéraire de sa carrière de scientifique et l'ensemble de son œuvre, je crois qu'on peut considérer qu'il est sinon le seul du moins un des plus accomplis des Honnêtes hommes du XXe siècle.
Le texte qu'on va lire est un magnifique morceau de poésie et un hommage au continent africain qu'il a parcouru dans tous les sens, mais aussi une déclaration d'amour à l'Afrique et un témoignage d'une grande élévation. Il me parait donc qu'il doit être dédié à tous les étudiants de l'Afrique, quelles que soient, bien entendu, leurs couleurs.
Lisez les morceaux choisis
The odore monod les couleurs de l afrique 2 (134.75 Ko)