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Joris-Karl Huysmans

Biographie Huysmans

Disciple et ami de Zola, Huysmans appartient comme ce dernier au mouvement naturaliste. Il s’en détache toutefois dès 1884 et développe une conception pessimiste du monde. Se rattachant au mouvement symboliste, il finit par se convertir au catholicisme et, désormais, publiera de grands romans religieux exprimant une quête mystique et une certaine nostalgie du Moyen-Âge.

Avec une activité de critique d’art, il méprisera la peinture académique et s’enthousiasmera pour les Impressionnistes ainsi que les Symbolistes. D’origine néerlandaise, habitant le 6e arrondissement de Paris, il fera toute sa carrière au ministère de l’Intérieur à partir de 1866. Il est hostile à l’expulsion des jésuites en 1880 mais collabore dès cette époque sous l’égide de Zola, à l’élaboration d’un recueil de nouvelles naturalistes intitulées Les soirées de Médan, du nom de la propriété que l’écrivain possédait à peu de distance de la Seine. Il avait été mobilisé en 1870 et il avait tiré de sa mauvaise expérience de militaire un récit : Sac au dos. Après des séjours dans divers monastères, il se fait construire une maison à Ligugé près de Poitiers, à côté de l'abbaye de Saint-Martin puis se retire à Paris lorsqu’en 1901 la loi sur les associations vient dissoudre la communauté dans laquelle il vivait. Son apport à l’étude de la peinture, celle des Impressionnistes et celle des Symbolistes avant de se tourner après sa conversion vers l’art religieux et les primitifs est fondamental. Son pessimisme, peut-être aggravé par son célibat, se transformera en anticléricalisme du fait de l’échec de son expérience monastique. Il mourra à 59 ans des suites d’un cancer de la mâchoire.

Morceaux choisis

  • À Vau-l’eau, 1882

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (ZC - Août 2024)

L’essentiel c’est de remplir la bedaine. Qui parmi nous, en tant qu’étudiant désargenté, n’est pas passé par les restos U et les restos populaires, a fait la queue et avalé son repas pour être à l’heure et assister aux cours de l’après-midi ou suivre des activités culturelles le soir ? Bien qu’on s’en plaignait, on était content d’avoir un repas chaud. On n’avait ni les courses à faire ni la corvée de la vaisselle. L’objectif était les études, quitte à organiser en fin de semaine, avec les amis, un petit « gueuleton » préparé dans la chambre de la cité universitaire ou pris ailleurs, en ville, dans un petit resto un peu chic, pour changer. C’est tout le contraire de Jean Folantin qui, aussitôt sorti de son bureau où il est enfermé toute la journée, en train d’effectuer un travail monotone, grattant des copies et des copies, traine dans la rue pour tuer le temps, repoussant l’heure de rentrer chez lui. Il passe en revue les différents restos de son quartier et ailleurs, cherchant à diner, tout en essayant de les varier. Mais, à chaque fois, il sortait toujours mécontent, dégoûté de ce qu’on lui a servi et jamais satisfait du vin qu’on lui a apporté.

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Huysmans a vau l eauHuysmans a vau l eau (62.34 Ko)