Biographie 
L’un des grands militants de l’extrême gauche française est né au Puy-en-Velay dans une famille, qui n’a rien de révolutionnaire, son père étant enseignant d’abord à l’Institut des sourds-muets du Puy puis au Collège royal de la même ville. Ce dernier passera l’agrégation en 1847 au moment où son fils Jules entre au collège de Nantes et se révèle un excellent élève. Toutefois père et fils n’ont pas les mêmes idées politiques et, à partir de 1848, Jules penche nettement pour les idées de gauche, au point de fonder un Club républicain de la jeunesse de Bretagne et de Vendée. Venu à Paris en septembre 1848 après avoir été surpris en compagnie d'une femme mariée, il réintègre le lycée mais en 1851 crée un Comité des Jeunes pour s’opposer au futur Napoléon III. Rappelé à Nantes par son père, il est interné « pour aliénation mentale » avant d’être libéré au bout de 2 mois... Son père étant mort en 1857, il travaille à la mairie de Vaugirard puis comme répétiteur au collège de Caen où il sera destitué au bout de 4 mois.
Ayant échoué à la licence de Lettres, il reprend son travail à la mairie de Vaugirard et se lance dans le journalisme. Il publie enfin en 1865 son premier livre : Les Réfractaires. Un article qu'il a écrit contre la police le fait emprisonner en 1868 ce qui ne l’empêche pas de fonder un journal. Candidat aux élections législatives la même année, il est battu. En 1870, il est arrêté comme pacifiste et, la guerre perdue, il dénonce la trahison du gouvernement de la toute nouvelle République et s’engage dans la Commune. Il fonde alors le journal Le Cri du peuple de février à mai 1871 et appartient à la minorité du conseil de la Commune opposée à la dictature d'un Comité de salut public.
Menacé de mort, il s’enfuit à Lausanne. Il est condamné à mort par contumace, réside à Londres puis à Bruxelles, relance encore son journal La Rue depuis Londres. Il publie en 1879 L’Enfant. Amnistié en 1880, il rentre à Paris, publie Les Blouses puis Les Bacheliers et L’Insurgé sans omettre de grands articles et de 1883 à 1885 relance et dirige Le Cri du peuple.
Il meurt en 1885 du diabète. Sa tombe est au cimetière du Père-Lachaise. Il se révèlera qu’il a été davantage un anarchiste qu'un révolutionnaire véritable.
Morceaux choisis
- L’Enfant, Chapitre I, 1879
- Le Bachelier, Chapitre XXVII, 1881
- L’insurgé, Chapitre XIX, 1886
Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (ZC - Avril 2025 )
L’Enfant : Ce premier chapitre de L’Enfant de Jules Vallès est écrit à l’eau de rose, avec une joie et une gaieté enfantines. Car, chemin faisant, dans la suite de ce premier tome de sa biographie et des deux autres, nous allons le voir malheureux, baignant dans une ambiance familiale tendue, frustrée et frustrante, traversée par la mésentente, les conflits et les échecs.
Le Bachelier : Une vie qui bascule. Il faudra se débrouiller. Ce texte est composé de deux parties : le premier emploi, bien payé, assure une vie confortable à Jules. Mais la brouille entre deux hommes, deux têtes, fait basculer la vie de ce jeune débutant. Plus de ressources comme avant. Il lui faudra donc s’arranger et trouver quelque chose pour assurer sa survie. C’est là que commence la deuxième partie avec le système D : la débrouillardise. Travailler sur un dictionnaire où l’on est payé au mot. Telle était la nouvelle tâche que devait effectuer ce jeune Jules. Mais déçu par la rentabilité de ce travail besogneux et ingrat, il n’hésite pas à emprunter un chemin quelque peu tordu. La triche. Honnête avec lui-même, il n’hésite pas à nous dévoiler sa méthode de travail et d’investigation. Le moindre effort. Adieu la recherche dans les textes ! Aucune perte de temps pour dénicher un exemple dans les livres ! N’est-il pas plus simple, plus juteux et plus rentable de faire vite pour empocher son argent, en inventant tout simplement l’exemple et lui coller le nom d’un auteur célèbre ? Et qu’on aille le trouver !
L’insurgé : Plus que les événements relatés dans ce roman de Jules Vallès sur La Commune de 1871 avec la révolution et les sacrifices, ce sont les portraits que dresse l’auteur d’une façon incroyable qui attire notre attention : le physique est relié au psychologique et aux détails du métier … Dans ce portrait fait de Blanqui, nous sommes très loin des portraits peints par La Bruyère. Il nous faut expliquer que Blanqui (1805- 1881) était un socialiste et un révolutionnaire et l’un des chefs de la révolution de 1848 pour laquelle il passa 36 années en prison. Pendant la guerre de 1870, il fonda le journal La Patrie en danger. Emprisonné par le gouvernement de Versailles, il ne fut amnistié qu’en 1877 et reprit alors ses activités d’organisateur du mouvement socialiste publiant le journal Ni Dieu ni Maitre.
Lisez les morceaux choisis
Jules valle s l enfant (85.09 Ko)
Jules valle s le bachelier (88.73 Ko)
Jules valle s l insurge (74.37 Ko)