Biographie 
C’est dans une famille de soyeux d’origine cévenole et ardéchoise, pourtant catholique et royaliste contrairement à l’environnement protestant, qu’est né Alphonse Daudet. Après des difficultés financières la famille déménage à Lyon et la ruine de son père en 1855 l’empêchera de passer son baccalauréat. Il se fera donc maitre d’études à Alès et écrira alors son premier roman, Le Petit Chose en 1868. Monté à Paris et menant joyeuse vie, il contacte la syphilis suivie de graves complications. Devenu secrétaire du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, il commence à écrire des contes et des nouvelles et son médecin lui conseille de voyager en pays méditerranéen.
Riche de cette expérience, il commence avec quelques collaborateurs occasionnels dont sa femme, les premiers textes des Lettres de mon moulin qui le rendront célèbre. Il s’était marié en 1867 et eut 3 enfants. Après les contes, il s’essaie au roman et au théâtre avec pas moins de 17 pièces. Sa renommée grandit avec Tartarin de Tarascon (1872) et Les contes du lundi (1873). En 1878, sa maladie s’aggrave mais il continue de publier jusqu’à sa mort.
Ses convictions antisémites et anti-dreyfusardes n’empêcheront pas Émile Zola de prononcer son éloge funèbre lors de son enterrement. Un de ses petits-fils Charles Daudet (mort en 1960) était aussi l’arrière-petit-fils de Victor Hugo.
Morceaux choisis
- La dernière leçon, Les Contes du lundi, 1873
- L’Enfant espion, Les Contes du lundi, 1873
- La légende de l’homme à la cervelle d’or, Les Lettres de mon moulin, 1869
Pourquoi j’ai choisi ces textes ? (ZC - Septembre 2024)
La dernière leçon, Les Contes du lundi : Comme il est dur à un instituteur de dire un au revoir « définitif » à ses élèves ! Et que dire quand on est forcé de le faire, chassé par un occupant qui interdit d’enseigner la langue de la patrie et exige de la remplacer par la sienne ! Car la langue c’est l’âme de la nation et la porteuse de tout son patrimoine. Mais, en même temps, cette annonce imprévue surprend les élèves, secoue leur conscience et réveille en eux un patriotisme, oublié ou latent, avec le sentiment d’appartenance, à une nation, ses traditions et sa culture.
L’Enfant espion : Pour quelques sommes d’argent, des gens se vendent et livrent leur patrie à l’ennemi. Stenne, l’enfant de ce conte, est au fond innocent mais, la vue de ces pièces que l’homme sortait en masse pour jouer avec à la partie de la galoche l’a fasciné. Lui aussi aime avoir un peu de ces pièces pour jouer. Il tombe dans le piège, inconsciemment. Il accompagne l’homme pour livrer des secrets à l’ennemi. Au retour, l’homme lui remet son dû, des pièces. Il est tout content mais au fur et à mesure que le temps passait, elles pesaient lourd dans sa poche et dans sa conscience. En rentrant, le père flaire le « crime » commis par son fils qu’il aime tant. Mais, se sentant humilié, que peut-il faire pour effacer cet affront si ce n’est de quitter son travail et aller s’engager dans la résistance ?
La légende de l’homme à la cervelle d’or : Comme réponse à ma propre question, je laisserai la parole à Alphonse Daudet lui-même qui ajoute à la fin de son conte la note suivante : « Malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d’un bout à l’autre… Il y a par le monde de pauvres gens qui sont condamnés à vivre de leur cerveau, et payent en bel or fin, avec leur moelle et leur substance, les moindres choses de la vie. C’est pour eux une douleur de chaque jour ; et puis, quand ils sont las de souffrir… »
Lisez les morceaux choisis
Alphonse daudet la dernie re classe (84 Ko)
Alphonse daudet l enfant espion (77.97 Ko)
Alphonse daudet l homme a la cervelle d or (75.8 Ko)