Biographie 
Fils d’un ingénieur d’origine italienne installé à Aix-en-Provence et mort lorsque son fils avait seulement 7 ans, Emile Zola a connu la pauvreté dans son enfance, entouré par sa mère et sa grand-mère. Cela marquera sa vie et son engagement tant en littérature qu’en politique. Ami du peintre Paul Cézanne jusqu’en 1886, il avait rejoint sa mère en 1858 à Paris. C’est là qu’il découvrira les Impressionnistes et notamment Edouard Manet. Ayant connu des premières années difficiles, il est naturalisé français en 1862 et entre au service de publicité de la librairie Hachette où il restera 4 années. Il y découvrira le monde de l’édition et publie ses premiers articles et son premier roman en 1864. Cette année-là, il fait la connaissance d’Alexandrine Meley, appelée Gabrielle, qui deviendra Madame Zola.
Publiant dans différents journaux, Zola, féru de critique littéraire et artistique, est désormais connu et sort peu à peu de la pauvreté grâce à son travail acharné. Il s’engage dans la politique à gauche et dans la polémique. Il épouse Alexandrine en 1870. La guerre les contraint à partir à Marseille puis à Bordeaux. Il abandonnera l’engagement politique au profit d’une attitude de libre penseur et de moraliste indépendant. Il rencontre Flaubert en 1871, Alphonse Daudet et Guy de Maupassant tout en commençant à rédiger le cycle des Rougon-Maquart qui l’occupera pendant 22 ans, sorte d’épopée sur la bourgeoisie du second empire. La publication de L’Assommoir en 1877, puis de Nana lui apporte enfin un début d’aisance financière. Sa profonde connaissance de la société française du second empire lui inspirera ses romans les plus célèbres : Germinal, Thérèse Raquin, Au bonheur des dames.
Dès 1891, Zola s’implique dans l’Affaire Dreyfus qui deviendra le combat de sa vie avec le fameux article « J’accuse » publié dans le journal l’Aurore le 13 janvier 1898. Il contribuera fortement à mobiliser l’opinion et à faire acquitter puis réhabiliter le capitaine Dreyfus. Mais dans l’intervalle Zola sera condamné et devra fuir en Angleterre. Le revirement de la justice le 3 juin 1899 permettra à Zola de rentrer à Paris. Il y continue son juste combat. Toujours attaqué par les anti-dreyfusards et les nationalistes antisémites, il mourra le 29 septembre 1902 d’une intoxication provoquée dans la cheminée de sa chambre à Paris. Sa femme qui lui survivra adoptera les deux enfants qu’il avait eus de sa maitresse pour qu’ils puissent avoir le nom de leur père et fera preuve de sa grandeur d’âme jusqu’à la fin de ses jours en léguant la maison de Médan. Il est possible que Zola ait été assassiné par un fumiste qui aurait bouché le conduit de la cheminée. Chef de file du mouvement naturaliste, Zola, comme Balzac, Victor Hugo ou Jules Verne, a une notoriété mondiale tant du fait de ses romans que de son engagement en faveur de l’innocence de Dreyfus. Entré au Panthéon en 1908, Zola se sera révélé un grand écrivain et un grand un homme épris de justice.
Morceaux choisis
- Thérèse Raquin, 1867
- L'Assommoir, Chapitre IV, 1877
- Germinal, 5e Partie, V, 1885
Pourquoi j’ai choisi ces textes ? (ZC - Octobre 2024)
Thérèse Raquin : Silence et regards. L’épilogue de ce roman de jeunesse de Zola est le couronnement du roman populaire avec ses crimes (poison, armes, pièges...) mais doté en plus d’une dimension psychologique profonde et d’une analyse comportementale des protagonistes. C’est l’aboutissement de toute une complicité allant de la passion au crime en passant par le remords, la haine, la rancune et la détestation, C’est la partie où se jouent les regards : les regards qui se croisent et qui se fuient dans un silence absolu et profond, plein de souvenirs et de remords, silence d’une complicité, d’un crime non-avoué qui commence par gêner et déborder tellement il était retenu, enfoui au fond des personnages et devenir un suicide mutuel consenti par les deux complices. Ce qui plaisait au mime Etienne Decroux c’était le regard de Mme Raquin, ce personnage paralytique immobile, qui se promène de Thérèse à Laurent et de Laurent à Thérèse. Elle voit dans ce suicide la vengeance enfin obtenue pour son fils assassiné suite à une passion aveugle.
L'Assommoir : La réputation de l’hôpital en France au XIXe siècle laissait à désirer. En criant « Pas à l’hôpital ! » Gervaise savait ce qu’elle faisait et ce que cela lui couterait si elle gardait Coupeau à la maison. Mais elle disait avoir de l’argent pour garder son mari près d’elle et le soigner elle-même. L’argent devrait servir pour refaire son homme et tant pis pour la boutique qui pourrait attendre. Elle aurait le temps pour reconstituer son épargne et avoir ce qu’elle désirait. L’essentiel c’était l’homme qu’elle aimait et elle faisait ce sacrifice pour lui. Tout autour d’elle, les autres étaient curieux et indifférents car, un fois le brancard parti, ils se dispersèrent pour aller vaquer à leurs occupations.
Germinal : L’injustice totale. Ce texte souligne l’opposition entre deux groupes de la même société : il y a ceux qui se promènent pour leur plaisir et ceux qui courent les rues, manifestant leur mécontentement, criant leurs droits et revendiquant leur bouchée de pain. Sortis pour changer d’ambiance, respirer l’air de la campagne et goûter aux plaisirs de la ferme, ce petit monde composé de Mme Hennebeau, les trois jeunes filles et l’ingénieur Négrel vont se trouver presque face à face avec les mineurs grévistes qui réclament tout simplement du pain.
Lisez les morceaux choisis
Zola the re se raquin (66.68 Ko)
Zola l assommoir (68.7 Ko)
Zola germinal (86.83 Ko)